SAMES
samedi, 29 mars 2014 16:55

Le mont Kiilopää

Cette semaine je vous emmène dans un de mes endroits préférés : le mont Kiilopää !

 Direction le mont Kiilopää

Dès que j’ai envie de me dégourdir les jambes, je vais sur le Kiilopään Huip comme ils disent ici. Ce n’est pas bien haut (546m) donc facilement accessible à pied ou en raquette quand il a beaucoup neigé. Et même si je vais pas au sommet, je m’arrête au totem qui représente la limite de la forêt, et c’est déjà magnifique.

A la limite de la forêt, un moment magique

Ma découverte de Kiilopaa

La première fois que je suis allée sur Kiilopää, je ne suis pas allée jusqu’au sommet. C’était mon premier week end en Laponie, il faisait -25°C, mais ce n’était pas le problème. Le problème c’était le vent : dès qu’on prend un peu de hauteur le vent devient très puissant. Ce vent glacial et puissant m’a refroidit et décidé : je tenterai ma chance une autre fois !

C'est à dire que ça caille un peu par -25° avec le vent de Laponie

L’autre fois est arrivée mi-Février, je me suis levée un matin, me disant : aujourd’hui tu vas sur Kiilopää ! Il faisait -10°C et il y avait encore plus de vent qu’en Janvier, mais j’étais décidée. Et surtout il y avait pleins de rennes et je voulais VRAIMENT les prendre en photos de plus près. J’ai d’ailleurs mis 3h à arriver au sommet, non pas à cause d’une quelconque difficulté, simplement parce que je prenais ces fameux rennes en photos. Une fois arrivée au sommet j’avais une visibilité de 5 mètres tout au plus, et il y avait un vent énorme. Je découvrais un autre visage de la Laponie.

Au sommet, je vois rien, mais j'y suis ! 

Des rennes au sommet du kiilopää : ma motivation pour y arriver !

Maintenant que je connais ce petit mont, pourquoi j’y retourne tout le temps ?

Dès que le ciel est bleue, je file sur Kiilopää parce qu’alors on voit toute la Laponie s’étendre sous nos yeux ébahis : on peut même voir la Russie ! Voir cette immensité, entre désert blanc et forêt de sapin, à perte de vue…

 Petite pause sur Kiilopää pour profiter du paysage

Au coucher de soleil, qui dure une éternité, avec des couleurs tellement chaudes alors qu’on est loin du 0°C (en dessous évidemment), il n’y a pas de meilleurs points de vue.

Coucher de soleil en Janvier : -25°

Coucher de soleil en Mars : -10°

Le chemin est vraiment facile pour aller jusqu’au sommet, du coup on peut vraiment marcher la tête en l’air et regarder partout autour de nous, le paysage qui change tout le temps, en fonction de la luminosité, du vent, du ciel, le chemin n’est jamais le même finalement. Et puis avec un peu de chance vous ferez des jolies rencontres (et si vous ne les rencontrez pas, vous pourrez au moins voir leurs traces dans la neige). 

 

Découvrir un paysage nouveau à chaque fois

 

Rencontre avec un lagopède des saules 

Ou alors pour les plus rêveurs et téméraires (ou inconscient je sais pas) : aller regarder les étoiles et redescendre en luge !

Si vous passez par sur la route Rovaniemitie  par hasard, mais que vous n’avez pas le temps de vous arrêter skier la journée  au Parc National Urho Kekkonen, arrêtez-vous quelques heures juste pour ce mont : il en vaut la peine, et vos yeux vous remercieront.

Mes yeux me disent merci ;)

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vendredi, 21 mars 2014 15:32

Ivalojoki

Cette semaine je vous parle de Ivalojoki, ou Ivalo River, vous l’aurez compris il s’agit d’une rivière. La rivière fait 180km, mais une partie (70km) réputée comme parcours de canoë entre Kuttura (village d’éleveurs de rennes !) et Ivalo.

Un peu comme le long des pistes de ski, on trouve des refuges le long de cette rivière. Bien qu’elle ne soit pas située dans le parc Urho Kekkonen, c’est bien Metsähallitus* qui est en charge de ces refuges. C’est en hiver, sur la rivière gelée que les rangers apportent du bois et viennent entretenir ces refuges. Car l’environnement escarpé autour de la rivière rend difficile, voire impossible, leur accès lorsque l’on transporte du matériel lourd (comme le bois ou le gaz).

En plus d’être un lieu magnifique, cette rivière a une histoire. Au 19ème siècle, c’est ici que la recherche d’or a commencé. A Kultala (kulta voulant dire or) on trouve donc un village de mineur, restauré de façon à comprendre comment était la vie et le travail des chercheurs d’or. Et évidemment,  tout le long de la rivière, vous pouvez tenter de trouver de l’or.

*Metsähallitus est une entreprise finlandaise chargée de l’exploitation des forêts et de l’entretien des parcs nationaux.

Informations via Metsähallitus

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vendredi, 14 mars 2014 17:46

Marché Sami de Jokkmokk

Dans le Nord de la Suède, tous les ans à partir du premier jeudi du mois de Février et pendant trois jours, se déroule un évènement unique. De par sa taille, son affluence et surtout parce qu’il a lieu depuis plus de 400 ans. Je vous parle d’un lieu idéal pour faire la rencontre de la culture Sami. Oui je vous parle du traditionnel marché d’hiver Sami de Jokkmokk.

Les marchés Sami ont été instaurés au 17ème siècle par la couronne Suédoise. A cela deux objectifs : le premier était d’avoir un contrôle sur le peuple du Nord avec notamment la construction d’église sur les lieux des marchés ; le second était d’avoir une part du gâteau des bénéfices dégagés par l’artisanat Sami grâce à l’instauration de taxe. Le choix de la date est aussi ancestral, les éleveurs acceptaient de se regrouper entre Noël et début Février : le moment le plus froid de l’année. Une fois les taxes payés ils pouvaient quitter le village.

A l’origine, la Laponie Suédoise était séparée en 5 régions, chacune devait donc accueillir un marché. Vous l’aurez compris, Jokkmokk a été la ville, où plutôt le village à l’époque, choisi pour accueillir le marché régional. Ce choix se justifie notamment par le fait que le village disposé de pâturage d’hiver pour une longue période, idéal donc pour accueillir les éleveurs de rennes. Et oui, quand on parle culture Sami, on parle forcément d’élevage de rennes.

Ainsi depuis 400 ans, le marché de Jokkmokk ne s’est jamais interrompu et accueille chaque année plus de 35 000 visiteurs sur les trois jours de marché. Il a pris une telle importance qu’une église plus grande a dû être construite à la fin du 19ème siècle. On peut d’ailleurs visiter cette église pendant le marché et écouter son histoire en français. L’ancienne existe toujours et a vraiment beaucoup de charme.

Dans ce marché, on trouve évidemment de l’artisanat Sami, couteau, tasse, bracelet et tous ce qui est lié aux rennes : peau, bois et viande.  Comment découvre-t-on la culture Sami ? Déjà grâce aux Sami qui portent leurs habits traditionnels, magnifiques. Mais aussi à travers des concerts (plus rare cette année pour exprimer leur mécontentement envers l’exploitation minière), des courses de rennes, des conférences et bien sur le musée Ájtte Museum, à voir ABSOLUMENT (merci au passage à  Terre des Sames de me l’avoir fortement conseillé).

Si vous voulez plus d'info sur le marché Sami voilà quelques liens :

vendredi, 07 mars 2014 16:08

Parc National Urho Kekkonen

Le parc national Urho Kekkonen a été créé en 1983 et porte le nom d’un ancien président Finlandais. Ce parc fait pas moins de 2 550 km² soit un peu plus grand que la Réunion (2 512 km²). Il est situé au Nord-Est de la Finlande à la frontière avec la Russie. Cette zone frontalière avec la Russie est d’ailleurs interdite au public. Outre cette partie, tout le parc est accessible. La partie ouest est accessible aux plus grands nombres, du fait de la présence d’une route c’est le point de départ des randonnées. Le reste est plus sauvage, malgré la présence de refuges il y a moins de pistes tracées voire pas du tout. Il y a aussi des zones restreintes qui sont accessibles mais selon des règles strictes pour préserver la faune et flore.

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Entrée du parc à Kiilopää - Carte des pistes de ski de fond

Grâce à mon travail avec les rangers et l’utilisation de la motoneige (strictement réservée aux rangers et aux éleveurs de rennes), j’ai la chance de parcourir en long, en large et en travers le parc. Et c’est vraiment un endroit magnifique. Mais même sans aller au plein milieu du parc, moi qui suis débutante en sport d’hiver, je ne prends pas des pistes difficiles et je vois pourtant des paysages splendides et je fais de très belles rencontres (renne, lagopède des neiges, kuukkeli, écureuil…).

Couché de soleil sur Kiilopää

Accessible du débutant au compétiteur, à tous donc, ce parc a un charme fou. Tout comme les nombreux refuges disséminés un peu partout.

Bref un paradis sur terre.

vendredi, 21 février 2014 18:25

Ville de Rovaniemi

Rovaniemi est la capitale de la Laponie Finlandaise et la plus peuplée de la province : une grande ville donc. J’ai toujours une sensation très étrange quand je me promène dans une « ville » en Laponie, parce que c’est terriblement calme. A Rovaniemi il faut vraiment être au carrefour central pour se sentir en ville, avec des voitures et des gens.

Je me suis un peu promenée dans la ville, et honnêtement, elle n’est pas très belle. J’ai entendu une fois, ça fait un peu soviétique. Et c’est l’impression que ça donne effectivement. Des bâtiments froids (sûrement bien isolés ce n’est pas la question je parle du ressenti visuel) qui contraste vraiment avec la chaleur des maisons en bois que l’on voit à travers la Laponie. Mais il y a une raison au pourquoi la ville est moche, parce que c’est un fait, ce n’est pas que mon avis. Allez, petit cours d’histoire : à la fin de la guerre, les Allemands étaient stationnés en Finlande grâce à un accord entre l’Allemagne, la Finlande et la Russie. Mais quand la Finlande a repoussé les Allemands lorsque celle-ci commençait à perdre en puissance, les Allemands ont fini par quitter la ville, mais en ont brulé 90%. Il ne restait plus rien de la ville, il fallait donc tout reconstruire et vite. Vite et donc sans se soucier de la beauté architecturale, le principal étant de se loger et de se nourrir.

Qu’est-ce qu’il y a à faire à Rovaniemi. Les rue piétonnes du centre-ville sont très agréables, c’est sympa de s’y promener fin d’après-midi quand il y a un  peu de vie et assez étrange quand c’est désertique le matin. L’Arktikum à l’écart du centre-ville est juste super et il le petit chemin qui y amène est plutôt agréable (vous pouvez aussi prendre la rue « principale » mais bon c’est moins fun. Juste à côté il y a le musée de Mestähallitus, honte à moi je l’ai pas encore visité, mais ça ne serai tardé. Et toujours dans la ville il y a le Korundi, si vous aimez l’art. Non bon ça reste intéressant de le visiter parce que le bâtiment est un des rares qui date de l’avant-guerre. Et pour finir, hors de la ville, il faut donc prendre le bus, le Village du Père Noël ! Je suis désolée, mais tout bon touriste se doit d’y aller. Ne serait-ce que quelques heures, histoire de rencontre le Grand Monsieur à la Barbe Blanche qui te dis « A Noël Prochain ! ». Et au pire, si vous n’êtes pas fan du Père Noël, vous devez y aller pour voir la limite du Cercle Arctique et y faire une photo !

 

Visitez l'Arktikum et ces 2 superbes musées - Allez donc rencontrer Papa Noël, le vrai, l'unique

 

La Limite du Cercle Arctique - Paris c'est par là

vendredi, 21 février 2014 13:28

Poroerotus

Dans cette section vous allez découvrir des lieux où je suis passée, plus ou moins longtemps, que j’ai plus ou moins apprécié, mais que quoi qu’il arrive, j’ai envie de partager avec vous.

Et pour commencer j’ai choisi le Poroerotus. Et je commence fort car bien que ce soit évidemment un lieu, c’est aussi et surtout un évènement dans la culture same : la sélection des rennes

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Le 23 Janvier, j’ai eu la chance d’assister à une sélection des rennes. Les éleveurs répartissent les rennes selon ceux qu’ils vont garder et ceux qui vont être vendus ou abattus.

Les différentes familles de l’association (ou du village si vous préférez) se réunissent au poroerotus. On voit sur la photo qu’il y a plusieurs petits groupes dans l’enclos central, ce sont les différentes familles.

Sur la photo, l’homme seul qui se dirige vers le centre du poroerotus est le président de l’association. Il a été élu par les éleveurs et est lui-même éleveur.

 

 

La femme habillée aux couleurs sami est chargé d’enregistrer les rennes et leur propriétaire sur une liste officielle.

Sur cette photo l’enfant a attrapé un renne, né en juin dernier, qui n’a pas été marqué durant la période de marquage, chose faite sitôt qu’ils seront à qui il appartient.

 

 

Pour commencer la sélection, les rennes sont amenés dans un enclos. A partir de cet enclos ils sont amenés par petits groupes dans l’enclos principal où ils sont répartis dans les différents enclos en fonction de ce qu’on réserve au renne : vendu, abattu où conserver et dans ce cas ils sont répartis par famille.

Pour les attraper inutile de leur courir après, les rennes apeurés tournes en rond dans le poroerotus et  l’éleveur attrape le renne de son choix lorsque celui-ci passe à côté de lui.

 

  

Un lieu magnifique où se déroule un événement assez hors du commun surement parce qu’il se déroule ainsi depuis bien des siècles.