SAMES
Mélodie

Mélodie

Etudiante en agronomie à l'ENSAIA, je suis en Laponie Finlandaise pour huit mois. Le but de ce voyage est de rencontrer les éleveurs de rennes à travers la Laponie afin de comprendre leur système d'élevage et voir comment ils sont impacter par le réchauffement climatique ainsi que par l'industrialisation.

L’été dernier, je vous racontais le déroulement des marquages de rennes auxquels j’avais participé et où l'on marque les rennes en fonction de leur propriétaire. Ces rassemblements où l’on doit attraper les rennes, les observer et les attraper de nouveau pour les marquer, le tout sous le soleil de minuit et au milieu des moustiques. Vous imaginez bien que l’idée d’y participer à nouveau ne m’a jamais quitté, et que j’attendais ce moment avec une grande impatience. Et surtout avec l’espoir que les éleveurs n’oublient pas de m’avertir.

Marquage des rennes sous le soleil de minuit (1h05)

« Où es-tu ? Les marquages ont commencé ». Un SMS, et me voilà sur la route. Mon sac à dos était prêt depuis plusieurs jours : vêtements, sac de couchage, nourritures, anti-moustique et appareil photo. Destination Vuotso, village Sami rattaché à la commune de Sodankylä et situé à quelques 200 km au nord de Rovaniemi. C’est dans ce même village que j’avais participé aux marquages l’été dernier. Que de souvenirs, et que de hâte de retrouver les éleveurs que je connais, mais aussi de retrouver les rennes et leur faon.

Des heures passées au milieu des rennes et à les observer

Il est 15 heures lorsque j’arrive à mon premier marquage. Et bien qu’il soit très tôt, les éleveurs en sont déjà à la deuxième partie du marquage, à savoir la phase d’observation. L’année dernière la chaleur assommante imposait aux éleveurs de pratiquer le marquage lorsque les températures étaient plus clémentes, c’est-à-dire la nuit, pour préserver les faons. Cette année, l’été est frais, on approche difficilement les 20° et on peut donc pratiquer le marquage bien plus tôt dans la journée.

 

Sous un temps frais et humide, les faons cherchent leur mère

Cependant la fraîcheur implique également moins de moustiques. Point positif pour moi, mais négatif pour les éleveurs qui ont bien plus de difficultés à regrouper les rennes. Car les moustiques poussent les rennes à se regrouper par instinct et c’est alors bien plus facile de les déplacer. De plus, les rennes aiment la fraîcheur et sont très dynamiques à de faibles températures, et donc plus difficiles à gérer que sous une chaleur qui les assomme littéralement. A cause de ces difficultés, ce jour-là nous avons fait deux rassemblements de troupeaux de petites tailles (moins de 200 faons).

La fraîcheur leur donne des forces, et moi je lutte pour les attraper 

Pour moi, ce premier marquage de l’été, c’était comme Noël, que l’on attend depuis le 1er Décembre et le 1er chocolat. Ce marquage, je l’attendais depuis mon retour en Finlande. Mais ce qui fut encore plus beau que le fait d’être enfin au milieu des rennes, c’était ces éleveurs qui sont venus me voir pour me dire simplement « t’es revenu, tu nous as pas oublié ». Il y avait comme une reconnaissance mutuelle : je ne les ai pas oublié, mais ils ne m’ont pas oublié non plus. Quel plaisir de se sentir intégrée un peu plus parmi ses éleveurs. Et surtout, comment les oublier…

Comment oublier ces moments parmi les éleveurs et leurs rennes

J’ai ainsi passé 4 jours parmi les éleveurs. Chaque jour j’attendais le SMS ou l’appel qui m’indiquerait où aller et à quelle heure. Chaque soir je mangeais parmi des éleveurs. J’avais un stock de saucisses, le repas typique de la région pour un repas sur le pouce près du feu. Mais le meilleur, reste évidemment le renne. Un éleveur m’a offert un morceau à griller de renne fumé issu de la cuisse d’un mâle castré. Je ne peux pas vous expliquer à quel point c’est délicieux, y a pas de mot pour ça ! 

Du renne grillé = Bacon x 1000 

Chaque soir je voyais les rennes arriver poursuivis par les quads. Ce bruit des sabots sur le sol, ces cris des éleveurs pour les pousser vers l’enclos. Chaque soir j’attrapais les faons pour leur mettre un numéro. Chaque soir je passais des heures à les regarder courir, chercher leur faon ou chercher leur mère et se trouver. Sentir se soulagement de cette retrouvaille. Et chaque soir, je les attrapais à nouveau pour les donner à leur propriétaire. Une répétition qui n’en est finalement pas une, chaque rassemblement est unique. Un moment de vie, un moment privilégié au milieu de ces rassemblements qui se répètent depuis des siècles, tout en étant singuliers. Je capte chaque moment, et je le savoure, comme une tranche de renne fumé grillé sur le feu.

Arrivée des rennes et des éleveurs

 

Au milieu des faons pour leur mettre un numéro

Pendant l'observation des rennes, les faons tentent de reprendre des forces auprès de leur mère

mercredi, 08 juillet 2015 08:31

Élément indispensable, les couteaux de poche

C’est assez ironique de faire un article sur les couteaux quand il y a à peine deux ans encore, je n’avais même pas un couteau suisse sur moi. Pour tout dire, j’avais peur d’avoir un truc coupant sur moi et de toute façon je n’en voyais pas l’utilité. Mais pour mon départ en Laponie, je me suis dit que ça pourrait m’être utile, vous savez ce fameux « au cas où ».

J’ai donc acheté mon premier couteau chez Baladéo : un Laguiole multifonction. A mon arrivée en Finlande je l’avais toujours dans ma poche « au cas où » donc. Et il m’a finalement dépanné pour ouvrir une bouteille de vin. Je dois avouer que pour mes premières semaines en Finlande, je ne voyais pas encore comment il pouvait me rendre service.

+ : c’est un beau couteau, et pour un premier couteau ça compte !

- : le poids, beaucoup trop lourd à mon sens pour un couteau de poche

Ma route m’a ensuite menée au merveilleux marché de Jokkmokk. Le marché idéal pour découvrir la culture et l’artisanat Sami. J’y ai trouvé un magnifique petit couteau traditionnel (mais pas de la marque DUODJI qui certifie qu’il a été fabriqué selon les techniques traditionnelles Samis). Ce genre de petit couteau est utilisé par les éleveurs pour marquer les jeunes rennes en été. Ils sont légers et coupent très bien. Et je dois avouer que je l’apprécie beaucoup et que je ne m’en suis jamais séparée lors de ce premier séjour en Laponie.

+ : léger et efficace

- : Pas rétractable, c’est un vrai petit couteau que l’on range dans son étui

Les éleveurs de rennes ont toujours minimum deux couteaux sur eux. Le petit dont je viens de vous parler, et un plus gros utilisé pour des tâches qui seraient compliquées avec le petit couteau notamment tailler le bois pour faire du feu. Faire du feu est la première chose que l’on m’a appris et comme c’était difficile de préparer le bois avec mon petit couteau, mes collègues m’ont offert un couteau de travail. Je pense que c’est le type de couteau que l’on trouve dans des magasins de chasse et pêche. Ensuite, impossible de m’en séparer lors des sorties en forêt, il m’était devenu indispensable.

+ : Efficace !!!!

- : Trop grand pour tenir dans une poche, il faut une ceinture ou un sac

Pour mon second voyage en Laponie, Baladéo m’a fourni deux couteaux : les Papagayos. Ce sont des petits couteaux de poche rétractables et ultra légers. Les modèles traditionnels possèdent une sécurité, ce qui n’est pas le cas pour les nouvelles versions imitation bois. J’avais un peu d’appréhension sur la texture du manche et la résistance, appréhension bien vite envolée. Aussi léger que mon couteau traditionnel, mais son côté repliable le rend plus discret et il se glisse plus facilement dans la poche.

+ : Petit, léger, efficace                                                                         

- : design simpliste, mais c’est aussi ça qu’on aime

Les couteaux sont d’une grande utilité sans que l’on s’en rende compte. Je m’en sers principalement pour cuisiner, ouvrir des trucs (les colis que mes parents m’envoient par exemple), et ils me facilitent la vie. Je ne peux pas vous énumérer toutes ses utilisations car c’est devenu tellement naturel que je n’y prête plus attention. Et quand je n'ai pas de couteau sur moi, je me dis que j'aurai du parce qu'il m'aurait servi. 

Maintenant que je vous ai parlé des couteaux que je possède, j’aimerai vous parler de ceux que je ne possède pas, mais qui ont particulièrement attiré mon attention. Je commencerais par un symbole de la Laponie : les couteaux Marttiini. Ce sont de très beaux couteaux associés à une très grande qualité. On trouve des gammes  très différentes pour chaque usages (chasse, pêche, cuisine…). Je pense me laisser tenter par un de leur couteau et comme je suis déjà bien équipée je pense prendre un couteau de cuisine, ça fait un beau couteau que je pourrai garder toute ma vie et qui me sera toujours utile.

                                  

 Autre couteau, autre style : les couteaux Deejo. L’idée de ces couteaux "made in France" est qu’ils sont totalement personnalisables. Taille du couteau, type de manche ainsi que sa couleur, et surtout une grande gamme de tatouages disponible. Oui vous pouvez tatouer votre couteau, et personnellement j’adore cette idée. Et pour personnaliser encore plus votre couteau, vous pouvez y mettre un petit message. Un beau petit couteau qui a du style.

Et vous, avez vous un couteau dont vous ne vous séparez jamais ?

Depuis mon arrivée à Rovaniemi, j’avais une idée en tête : aller au Nord ! Vous pensez surement que je suis exigeante. Mais lorsque vous avez vu la vrai Laponie, le Sapmi, alors Rovaniemi n’est qu’une ville vous laissant miroiter cette Laponie. Fin Mars, j’ai pris la route pour un weekend à Inari, petit village Sami cher à mon cœur.

Village d'Inari

Un an après, me revoilà, et encore une fois à une course de rennes ! Celle d’Inari est particulière car c’est la dernière de la saison et elle se déroule au cœur du territoire Sami. L’occasion idéale de retrouver cette belle culture.

 

Un Sami en tenu traditionnelle

Samedi matin départ en bus et c’est parti pour 7h de route. Malheureusement, mauvais timing, j’arrive trop tard pour voir les courses du jour. Mais je retrouve des amis français séjournant dans les environs. Je profite de cette fin d’après-midi pour aller au musée SIIDA et lire des livres pour mon travail. Puis direction l’hôtel, et là les choses se corsent…

Pour faire simple, je n’ai pas réservé le bon hôtel… Ma réservation est dans à l’Hotel d’Ivalo et non d’Inari (le nom des hôtels est plus que  proche pour ma défense). Par chance je parviens à annuler ma réservation sans en payer l’intégralité et il reste une unique chambre dans l’hôtel que je souhaitais. Le sauna de la chambre m’a fait le plus grand bien après un tel coup de pression ! Une fois calmée, direction le bar Papana. Honnêtement je n’aime pas la tête de ce bar, l’ambiance y est étrange, mais qu’est-ce qu’on y mange bien ! J’avais mangé une salade de rennes fumés l’année dernière, et cette fois, j’ai mangé le meilleur burger de ma vie ! Burger de rennes évidemment.

 Le bar Papana vous propose des plats succulents à base de rennes

Le dimanche, je commence par un mini footing d’un petit quart d’heure sur un petit chemin de randonnée à côté de l’hôtel. Ça m’a bien réveillé et ça m’a permis de tester mon nouveau collant Akammak en condition footing hivernale.

 

Collant Akammak : chaud et confortable, le bonheur surtout dans un tel environnement

Mais il était temps d’aller à la course de rennes. Un peu en retard, ce sont des finlandais, d’un certain âge comme on dit, qui m’y ont conduit. L’occasion d’une franche rigolade malgré la barrière de la langue. Dès mon arrivée sur le lac la fête commence. Finale du sprint et longues distance, course pour les enfants, finale du lancer de lasso… Toute la journée, la compétition s’enchaine dans une ambiance légère et familiale. Le temps est de la partie et c’est un pur moment de plaisir. J’ai même l’agréable surprise de croiser d’ancien collègue de Metsähallitus. Une belle journée dans le Sapmi.

Les enfants aussi participent à la course

Un renne à l'arrivée

La vrai raison de ce séjour à Inari était une visite de l’Institut d’Education Sami. Il s’agit d’une école qui enseigne la culture et le savoir-faire Sami. Parmi les enseignements on y trouve l’élevage de rennes. C’était avec une grande curiosité que j’ai donc visité cette école au cœur de la forêt, à Kaamanen. Les élèves y apprennent les bases de l’élevage de rennes, de la mécanique (les motoneiges étant leur principal outil de travail) et également de la gestion. L’école dispose même d’un abattoir qui sert à la fois pour les éleveurs et pour former les élèves dès la première année !

 

J'ai eu l'occasion de nourrir un renne

Ce fut un weekend riche en émotion et en découverte. C’est toujours un bonheur d’aller dans le Sapmi, de croiser des rennes et de partager avec les éleveurs. Je n’ai pas envie de redescendre à Rovaniemi, j’ai envie de rester là, dans cette belle forêt boréale qui m’avait tant manqué.

samedi, 25 avril 2015 13:58

5 raisons pourquoi j’aime les rennes

On me demande souvent pourquoi j’ai cette passion pour les rennes. Je ne m’en étais pas rendue compte, mais effectivement, j’adore les rennes. A force qu’on me pose la question, j’ai fini par réfléchir à la question. En voilà un petit aperçu.

Pourquoi j'aime les rennes

Un faon lors d'un marquage de rennes avec le district d'Ivalo

1 - Commençons simplement : parce qu’un renne c’est juste génial ! Ils ont une super tête que j’adore et qui me donne le sourire à chaque fois. Certains aiment les vaches, les cochons, les chèvres ou les lapins, moi j’aime les rennes. Ok j’aime aussi les chèvres… mais restons sur les rennes.

Première rencontre avec un renne sur le mont Kiilopää 

2 - Parce qu’ils sont, à mes yeux, l’incarnation même de l’adaptation. Le pelage chaud et isolant qui leur permet de lutter contre le froid pendant l’hiver polaire mais aussi de flotter quand ils nagent pendant leur migration ; les sabots comme des raquettes sur la neige pour se déplacer plus facilement mais qui sont aussi coupantes et leurs permettent de briser la glace pour trouver à manger ; et le plus fabuleux à mes yeux, lorsque les rennes se grattent les bois avec la patte arrière, parce que les bois qui poussent les démangent, lors de ce frottement, une substance se dégage de la patte pour se déposer sur les bois et soulage la démangeaison du renne. Bref comme je l’ai dit : un modèle d’adaptation à son environnement !

Tempête de neige sur Kiilopää, le renne est parfaitement adapté à ses conditions

3 - De formation agronome, je m'intéresse beaucoup à l’élevage qui est fait du renne, notamment en Laponie. Et je dois avouer que cet élevage m’a beaucoup séduite. Il va à l’encontre de la tendance mondiale à aller vers l’industrialisation. Pas (encore) de sélection génétique, juste celle du feeling et du savoir ancestral (les chances de survie, le pelage, le caractère), pas de modification dans le cycle de reproduction, la nature garde sa place. J’ai trouvé dans cet élevage quelque chose qui me parait sensé.

Sélection des rennes en hiver

4 - Et là, c’est le moment où certains disent que je n’ai pas de cœur, mais le renne, c’est bon ! Oui, un bon plat à base de viande de renne, un bout de viande séchée, un sandwich de renne, c’est juste excellent. Son gout de gibier est plus ou moins fort selon le morceau et comment vous le dégustez. En plus, sa viande est excellente pour la santé ! Pauvre en matière grasse, riche en fer et diverses vitamines, des études prouvent que c’est très bon pour votre santé. Si vous voulez tester je vous conseille le burger de rennes au Papana dans le village d'Inari : le meilleur burger de ma vie !

Le baiser du chasseur de rennes, mon sandwich favori !

5 - Et je finirai avec mon expérience personnelle du terrain. Ce n’est peut-être pas vrai dans toute la Laponie, ni partout dans le monde du renne. Mais mon contact avec les éleveurs, long à établir pour mon cas, a finalement été globalement très bon. J’ai apprécié le temps passé avec eux lors des rassemblements de rennes en été. Ils sont souvent l'occasion de se réunir en famille avec les enfants qui jouent et participent en attrapant les rennes. C’est une ambiance que j’ai envie de qualifier d’humaine, où les éleveurs t’accepteront si tu es vraiment intéressé par ce qu’ils font.

Au milieu d'éleveurs de rennes de Vuotso pendant le marquage des rennes

 

 

lundi, 06 avril 2015 14:13

Retour en Finlande

Comme certains ont pu le constater via les réseaux sociaux (que ce soit Facebook ou Twitter), je suis de retour en Finlande. Après avoir quitté Kiilopää, mon petit chalet, mes collègues et les rennes, le retour en France a été bien difficile. J’étais bien sûre très heureuse de retrouver ma famille et mes amis, mais tout était différent.

A mon retour en France, j'avais l'impression de ne plus être sur la même route que mon entourage.

Bien que mon voyage intéresse mon entourage et que j’apprécie de le raconter, il y a ce sentiment qu’ils ne peuvent pas comprendre, qu’ils manquent quelque chose. Ce n’est pas de la prétention, c’est juste que les mots et les photos ne peuvent pas transmettre ce vécu, ces odeurs, ces sentiments, il faut simplement le vivre. Je peux (et je vais) vous raconter une soirée d’aurore boréale, mais ce que l’on ressent dans ces moments ne peuvent être compris que lorsqu’on les vit. C’est ce qui rend difficile le retour… Et a influencé mon retour.

Retour en Finlande, à Rovaniemi cette fois.

Je suis donc à Rovaniemi pour les 6 prochains mois, où je travaille à l’Arctic Center dans le cadre de mes études. Je suis vraiment très heureuse de pouvoir travailler dans un tel lieu et si bien entourée. Je ne parle pas seulement de Léon de la Teamgivrés qui y travaille aussi et qui me supporte chaque jour, mais de ces chercheurs de tout horizon qui font vivre le centre.

L'Arctic Center, mon lieu de travail.

Ici je retrouve mes anciens amis et collègues, pour certains qui travaillent dans le bâtiment juste en face, pour d’autre il faut aller jusqu’à Kiilopää, Ivalo ou Inari pour les retrouver. Mais c’est tellement un plaisir de les revoir. De se rappeler des souvenirs de l’année passée et pour le coup, eux les comprennent parce qu’ils les ont vécu à mes côtés.

 

Revoir six mois plus tard mon amie Anu qui m'avait emmené à un marquage de rennes avec sa famille.

Je suis de retour et j’espère bien en profiter et vous le faire partager !

Je tiens aussi à remercier Akammak et Baladéo qui me soutiennent toujours dans mes projets, et la Mairie d’Emerainville qui me soutient dans cette nouvelle aventure. 

Le lac d’Inari, passage obligatoire en Finlande, que ce soit en hiver ou en été. En hiver je l’ai découvert lors des courses de rennes qui se déroulent sur ce lac et dont je vous parle dans cet article : « Porokilpailut : ça court vite un renne ». Mais aujourd’hui, je vais vous parler de ma découverte du lac en été, lors d’une partie de pêche avec des amis.

Ce lac est extraordinaire, de par sa taille tout d’abord, mais aussi par le nombre d’îles qui le compose. Ce n'est pas pour rien qu’on le surnomme le lac aux 1 000 îles. En réalité on dénombre pas moins de 4 350 îles, parfois petites, parfois plus grandes, parfois avec une maison, parfois désertes, parfois même sacrées, mais jamais banales.

Nellim, petit village bordant le sud du lac Inari à quelques kilomètres de la frontière Russe, et très connu des touristes pour son église orthodoxe. Mais pour les finlandais ce village c’est là où se déroule une grande compétition de pêche. Alors quand une amie m’a proposé d’y participer, j’ai sauté sur l’occasion pour découvrir cette activité et passer un weekend mémorable.

Arc en ciel sur le lac Inari au milieu du déluge

Après une semaine sous une chaleur étouffante, me voilà en direction de Nellim pour le week-end. Une éleveuse de rennes m’a proposé d’aller pêcher avec son mari et un ami. Me voilà prenant un verre avec mes amis dans le Wilderness Hotel… dans, oui car un gros orage vient d’éclater, et nous patientons pour savoir si la compétition est maintenue ou non. Finalement, l’orage cesse, la pluie aussi, et malgré le vent nous péchons une bonne partie de la soirée. Au bout de la compétition nous avons 4 poissons et nous finissons 4ème de la compétition, mais l’essentiel n’est pas là. Le temps passé avec mes amis, à discuter de tout et de rien, croisant d’autres pêcheurs, attrapant de temps à autre un poisson, mais surtout rigolant et profitant du paysage. A la fin de la compétition, il est temps d’aller au refuge.

Et oui, j'ai quand même réussi à attraper quelques poissons

Nous prenons le bateau et nous voguons vers le refuge. Une dizaine de minutes que je savoure pleinement, cheveux aux vents, traversant à toute allure ce lac dont je ne cesse d’entendre parler et qui me fascine, observant chaque île que nous croisons, est-elle habitée ? Est-elle sacrée ? Respirant l’air si frais et pur, je me laisse tout simplement envoûter par l’instant. Puis nous arrivons près d’une grande île qui abrite un petit refuge. Tout cela est si loin du monde d’où je viens et je m’y sens pourtant tellement à l’aise. Ce refuge d’éleveur est un chalet en bois, avec une seule pièce qui sert de cuisine, de chambre et de salon. Accolé au chalet, le sauna bien sûr, indispensable pour se détendre et se laver. Un peu à l’écart on trouve une cabane pour le bois et une autre pour les toilettes. Sérieusement, que demander de plus ? Là, sur cette petite île, nous avions tout ! Ah oui j’oubliais, nous avions un jeu de carte, donc oui, nous avions tout !

Le lendemain, nous repartons pêcher sur le lac. Le ciel est couvert, et je suis un peu fatiguée. Le bateau avance, le fil de ma canne à pêche traîne dans l’eau, et moi, je m’endors… Je dormais bien lorsqu’un poisson vient mordre à l’hameçon. Réveille en sursaut et je commence par engueuler Léo parce que je suis sure qu’il me fait une blague, mais non c’est bien un poisson ! Doucement j’essaye de le ramener à moi, tranquillement, pour qu’il ne se sauve pas… Raté... Il s'est sauvé. Fou rire avec mes amis. Puis j’ouvre vraiment les yeux, je n’ai aucune idée d’où nous sommes sur le lac, mais tout est magnifique, le ciel et les îles sont magnifiques et se reflètent dans le lac. Et nous pêchons, sur ce paradis. Toute la journée à pêcher, manger et boire. Et quand il est l’heure de rentrer, c’est pour cuisiner le poisson fraîchement pêché. Quel régal autant pour les yeux que pour le palais. Mais avant de passer à table nous allons au sauna. Ce moment de détente que j’apprécie maintenant à sa juste valeur, et dont je peux profiter aussi longtemps que je le souhaite sans avoir l’impression de subir la chaleur, serai-je devenue Finlandaise ?

Il est l’heure de dormir. Mais comment dormir après une telle journée ? Comment dormir au risque que le temps ne passe et ne m’oblige à rentrer. Non pas que je ne veuille pas retourner à Kiilopää. Mais je suis bien là. J’étais bien là.

Thank you Virpi to invited me for this amazing weekend !

lundi, 08 septembre 2014 14:33

Quand Akammak m'a tenu chaud en Laponie

Au moment de préparer mon départ pour la Laponie Finlandaise, ma grosse interrogation concernait l’équipement : comment dois-je m’habiller pour vivre et travailler à l’extérieur dans le Grand Nord ? J’ai donc commencé par fouiller sur internet pour trouver quelques conseils. Le premier lien qui m’a aidé a été celui de Laponico. Son article explique bien le principe des trois couches avec des exemples d’équipements qu’il a pu tester. J’ai donc suivi ce conseil tout au long de mon séjour, ou presque grâce notamment à mes équipements Akammak.

En Laponie, j'étais équipée Akammak de la tête au pied, et j'ai pas eu froid ! (Jookmokk, Suède)

Au quotidien ou au travail, j’avais les trois couches : la sous-couche (Smartwool ou Akammak), une veste (Millet ou The North Face) et un manteau (Eider). Et pour le travail j’avais également une combinaison de motoneige qui protégeait du vent. Ça fait beaucoup de couches et on ressemble à un bibendh’omme mais au moins on a pas froid.

Bibend'femme sur Kiilopää (Finlande)

Pour le sport, essentiellement le ski de fond, mais aussi pour les ballades en raquettes, je n’utilisais pas la seconde couche (la veste) : uniquement un vêtement Akammak et le manteau. A la fin de l’hiver, avec des températures entre 0 et -5° j’utilisais un vêtement Akammak et une veste. En effet, la technologie Climacool des vêtements Akammak leur permet d’avoir un rôle de double couche lors de l’effort et il n’est donc plus nécessaire d’avoir les trois couches. C’est très agréable parce qu’on se sent tout de suite plus léger pour faire du sport.

Scéance de ski en Avril. Avec Akammak, pas besoin de trois couches, deux suffisent largement (Ahopaat, Finlande)

En plus de cette légèreté, les maillots SULKY et TURTY ainsi que le caleçon PULK sont vraiment très confortables. Pour comparer j’avais des maillots Smartwool et un caleçon Oldo. J’ai complétement adhéré au confort des équipements Akammak. Ils s’adaptent parfaitement à la forme du corps et ne bougent jamais, alors qu’il faut placer et replacer correctement les maillots Smartwool. J'ai d'ailleurs un préférence pour le maillot TURTY, plus au corps que le SULKY, ce dernier étant légèrement plus ample, sans jamais pour autant gêner le mouvement. La texture ouaté est un petit plus que j’apprécie beaucoup, plus que la laine que je supporte difficilement. Le caleçon Oldo est confortable au niveau de la texture, mais beaucoup plus épais que le caleçon Akammak et ça se ressent (il reste tout de même un excellent produit que je recommande aussi).

Le Maillot TURTY (mon préféré), SULKY et le caleçon PULK. 

Prévu pour l’effort, les maillots Akammak évacuent parfaitement la transpiration. Je n’ai jamais ressenti la moindre gêne contrairement au Smartwool où j’ai parfois cru que j’allais attraper froid à cause de la transpiration mal évacuée. Et ce n’est franchement pas agréable de ressentir ce genre de froid à cause de la transpiration, un froid vraiment mordant… 

Le seul point noir, qui m’a étonné, avec les équipements Akammak, ce sont les coutures. Légères, elles sont confortables et ne représente pas de gêne. Mais qu’elles sont fragiles ! Les maillots, comme le caleçon ont des coutures qui ont craqué. 

C'est l'été, mais pas question de mettre mes équipements Akammak au placard ! (Kiilopää, Finlande)

En résumé, ces maillots SULKY et TURTY ainsi que le caleçon PULK ont été pour moi des indispensables de ma vie en Laponie. J’aurai clairement souffert du froid sans. Et je les adore tellement que je ne m’en suis pas séparée pendant l’été. Que ce soit pour des jours un peu plus frais ou pour aller courir ou randonner, ils sont, à mes yeux, parfaits !

Merci encore à Akammak de m’avoir accompagné dans cette aventure.

Avec la sélection durant l’hiver, le marquage est le deuxième moment de l’année où l’éleveur regroupe ses rennes dans des enclos. Le marquage se déroule entre Juin et Juillet et dure en moyenne deux semaines. L’arrivée des moustiques indique quand commencer, les rennes se regroupent alors pour migrer et fuir les moustiques et les éleveurs peuvent ainsi facilement rassembler les troupeaux et les diriger vers les enclos.

Certains éleveurs n’ont pas assez de rennes pour ne vivre que de l’élevage et ont un autre travail pendant l’été, le marquage se déroule donc la nuit et peut durer jusqu’au matin, selon le nombre de rennes rassemblés.

Le troupeau est amené dans un premier enclos à l’aide des quads. Le bruit quand le troupeau arrive de la forêt est assez incroyable, les sabots frappant le sol, ça me fait toujours penser aux gnous dévalant la vallée sur Simba (cf. « Le Roi Lion »)... Une fois les rennes dans l’enclos principal, on les amène par petits groupes dans un autre enclos plus petit qui va permettre d’attraper les faons afin de leur accrocher un numéro autour du cou.

Pendant cette étape, les éleveurs peuvent aussi castrer les mâles âgés de 5 ans et mettre un collier de couleur autour de certaines femelles. Ce collier a plusieurs objectifs. Le premier est de d’identifier plus facilement le propriétaire du renne, très utile pour que les enfants apprennent à reconnaître les marques de leur famille. Ces colliers peuvent être équipés de bande réfléchissante afin de de rendre le renne plus visible la nuit et d’éviter de nombreux accidents, mais aussi de GPS permettant de localiser le renne et probablement le troupeau. Le collier est aussi une réponse à la menace des prédateurs. En effet, les oreilles du renne peuvent être mangées par le prédateur, empêchant ainsi l’identification du propriétaire.

Une fois ces deux opérations effectuées, on libère les rennes dans un grand enclos. On répète cette opération jusqu’à ce que tous les faons du troupeau aient un numéro.

C’est alors que débute la deuxième étape : la phase d’observation. Les rennes sont dans un grand enclos où ils sont moins stressés par la présence des éleveurs. Les faons cherchent leur mère et les mères cherchent leur petit. Les éleveurs observent et notent quelle mère correspond à chaque petit et donc quel est le propriétaire du faon. Les éleveurs se réunissent une première fois, afin de rassembler leurs observations sur une grille finale : à chaque numéro va correspondre un éleveur. Mais plusieurs éleveurs peuvent avoir relevé le même faon (c’est-à-dire qu’ils ont relevé chacun une mère différente pour un même faon), ils vont alors observer ensemble pour connaitre le propriétaire. L’observation continue ainsi jusqu’à ce que tous les faons est un propriétaire.

Troisième étape : le marquage. Comme pour la première étape, on amène les rennes par petits groupes dans l’enclos central. On doit alors attraper une nouvelle fois les faons, les amener à la personne qui dispose de la liste pour connaitre le propriétaire du faon, et à ce moment-là, l’éleveur peut enfin apposer la  marque du propriétaire et celle de la coopérative sur les oreilles du faon. Les rennes sont alors libérés dans un enclos plus grand puis seront relâchés une fois tous les faons marqués.

Les méthodes pour chaque étape peuvent varier, en fonction du nombre de participants, de la coopérative et de l’enclos (qui dépends du nombre de rennes), mais le principe est toujours le même. Par exemple, certains préfèrent marquer les rennes debout, alors que d’autres préfèrent les marquer au sol.

Le marquage n’est pas une étape comme les autres dans l’élevage de rennes. L’élevage de rennes est un élevage familial et le marquage en est l’illustration car c’est une grande fête familiale. Les enfants sont habitués très jeunes à être au milieu des rennes dans l’enclos (ce qui peut être très impressionnant) et à reconnaitre la marque de leur famille.

J’ai eu la chance de participer à trois marquages, avec deux coopératives différentes. Je les aidais en regroupant les rennes dans les petits enclos et en attrapant les faons. Le fait de les aider m’a permis de m’intégrer plus facilement dans la communauté des éleveurs et j’ai ainsi pu avoir de nombreux contacts qui m’aident pour en savoir plus sur l’élevage de rennes et sur les difficultés qu’ils peuvent rencontrer aujourd’hui. Et hormis un bon coup de boule de la part d’un faon, ces moments resteront une étape très forte de mon voyage en Laponie.

samedi, 07 juin 2014 13:15

Les prédateurs du rennes de Laponie

En Laponie, les rennes sont semi-domestiques. Ce qui veut dire qu’ils ne sont pas enfermés dans une ferme mais qu’ils se déplacent dans la nature en étant plus ou moins dirigés par l’homme (en fonction des pays mais aussi du choix de l’éleveur). Vivant ainsi librement entre forêt et toundra, ils sont confrontés à des prédateurs.

Les rennes pâturent librement en Laponie, Niilanpää, Finlande

Les prédateurs du renne :

L’ours : cet immense mammifère est trop imposant pour se déplacer efficacement dans la neige. Face à cette difficulté à se déplacer et donc à se nourrir, l’ours a adopté la tactique de l’hibernation : il va dormir d’Octobre à Avril, adaptant son organisme (diminution du rythme cardiaque, rétrécissement de son estomac, baisse de sa température corporelle…) pour passer l’hiver grâce à ses réserves accumulées pendant l’été. Lors de son réveil au printemps il est essentiellement végétarien, jusqu’à l’automne où il va avoir un régime plus de carnivore afin de faire le plein de protéine pour l’hiver à venir. Il cause alors des dégâts dans les troupeaux de rennes.

Un ours en Laponie . Crédit photo : Metsähallitus

Le loup : comme en France, le loup est particulièrement mal aimé des éleveurs. Ce n’est pourtant pas celui qui fait le plus de dégâts dans les troupeaux, mais c’est une crainte ancestrale. Il faut dire que le renne n'est pas assez rapide pour échapper à un loup pour qui il est donc une proie assez facile.

Le lynx : ce félin mesure entre 80 et 130cm et pèse entre 18 et 25kg. Un adulte a besoin de 1 kg de viande par jour et son régime alimentaire s’oriente principalement vers les cervidés c’est-à-dire les cerfs, les élans et les rennes.

Le glouton : cet animal est complétement inconnu en France et pour cause cet animal préfère les régions nordiques. Mais son nom anglais vous dit peut être quelque chose : wolverine. Un glouton c’est un peu comme un ours en beaucoup plus petit (70 à 83 cm), un adulte pèse entre 10 et 25kg. Et contrairement à l’ours, ils se déplacent sans aucun problème sur la neige ce qui facilite sa tâche à la chasse qu’ils pratiquent pour se nourrir mais aussi pour le plaisir. Lorsqu’il ne mange pas toute la carcasse, le glouton cache des réserves dans les arbres. Ce n’est cependant pas dans les arbres qu’il vit et abrite ses petits, mais dans une caverne sous-terraine.

 L’aigle royale : Non, vous ne rêvez pas, des aigles peuvent effectivement s’attaquer à des rennes, à l’aide de ses longues serres et de sa vitesse, un aigle royale a suffisamment de puissances pour s’attaquer à un faon, comme un renne adulte. En Norvège, un grand nombre de rennes sont déclarés  par les éleveurs comme tués par des aigles, mais très peu sont reconnus comme tels par l'Etat. En Finlande c’est assez rare mais quelques cas sont reconnus chaque année.

 

Glouton au musée Saami, Karasjok, Norvège

Ces prédateurs ont-ils un impact sur l’élevage de rennes ?

Il s’agit d’un vrai problème auquel sont confrontés les éleveurs de rennes. En effet, la population de ces prédateurs est en croissance permanente et la situation la plus préoccupante est en Finlande où leur population a juste explosé :

 

Loups

Lynx

Ours

Glouton

Années

1987

2000

1987

2000

1987

2000

1987

2000

Nombres d’animal

105

130

580

855

450

850

55

115

Augmentation

23 %

40 %

89 %

109 %

Nombres de rennes tués

142

270

108

136

179

716

93

1682

Augmentation

90 %

26 %

300 %

1 708 %

Source: Sustainable Reindeer Husbandry – Arctic Concil 2000 - 2002

Le nombre de rennes tués par ces prédateurs a augmenté de 531% entre 1987 et 2000. D’autant qu’à cela viennent s’ajouter les pertes de rennes dues aux maladies et aux accidents (cela représente en moyenne 36 à 15% des pertes de rennes). Si le nombre de perte lié aux prédateurs a autant augmenté c’est notamment à cause du programme de protection de ses prédateurs mit en place par l’Union Européenne. Depuis les éleveurs n’ont aucune solution pour limiter le nombre de prédateurs.

Vous avez peut être remarqué que je n’ai pas exposé de chiffre lié à l’aigle royal. D’une part, parce que, bien que l’aigle royale s’attaque aux rennes, il n’y a pas de statistique le chiffrant. Et d’autre part, parce que la population d’aigles royales est assez faible, notamment du fait de l’étendue de leur territoire par aigle qui limite la possibilité d’une augmentation de la population. Ainsi, la population d’aigle royale est naturellement faible.

Aigle royale dans le parc national Urho Kekkonen, Finlande. Crédit Photo : Metsähallitus

Les Etats payent des compensations face à ses pertes

La Finlande et la Norvège versent une somme compensatoire aux éleveurs lorsqu’un renne est déclaré comme tué par un prédateur et que cela est confirmé par l’Etat. En Norvège, moins de 20% des déclarations sont confirmées. De plus, la compensation ne peut pas remplacer la valeur d’un renne. Car c’est un renne en moins mais c’est aussi une naissance en moins à venir (car le troupeau est majoritairement composé de femelle), un vrai manque à gagner pour l’éleveur.

En Suède, le système de compensation est complètement différent. Les éleveurs ne reçoivent pas une compensation pour un renne tué, mais en fonction du nombre de naissance de prédateurs, chaque  prédateur ayant un quota en fonction du nombre de renne dans la zone d’élevage. La somme compensatoire est alors versé au village pour être redistribuer ensuite aux éleveurs. Ainsi en 1998, un éleveur pouvait recevoir 58€ pour un renne tué, quand la valeur d’un renne vivant est en moyenne de 1 200€.

Ce problème de prédateur existe depuis toujours dans l’élevage de rennes. Et les éleveurs l’ont toujours accepté même si évidemment ils essayent de le limiter. Ce qui pose aujourd’hui problème c’est la croissance très forte de ces prédateurs. Et bien qu’ils soient indemnisés pour les pertes, ces indemnisations ne concernent que les animaux retrouvés. Hors, quand en 2013, 5263 rennes ont été retrouvés tué par un prédateur, on estime que près de 3 000 ne sont jamais retrouvés et donc non indemnisés.

dimanche, 20 avril 2014 14:56

Porokilpailut : ça court vite un renne

80 km au nord de Saariselkä, 2 heures de bus et me voilà arrivée à Inari, Petit patlin perdu entre la forêt et un immense lac. C’est parti pour trois jours que j’attendais avec impatience !

Le musée SIIDA

Le bus me dépose juste devant le musée SIIDA : premier objectif du weekend. Le musée dispose de plusieurs expositions dont une (ou deux je ne suis pas sûre) est temporaire. Quoi qu’il en soit, l’exposition sur la Laponie, sa nature et les Saamis n’est pas temporaire et elle est géniale ! Très bien construite : la Laponie, sa faune et sa flore sont présentées en fonction des saisons avec de très belles illustrations. Mais ce que j’ai préféré c’est l’exposition sous forme de bande chronologique, qui présente très clairement l’histoire des Saamis en fonction du territoire et de sa nature, mais aussi de l’histoire de la FenoScandinavie et de l’Histoire (avec des repères que l’on connait tous). Bref : un lieu à visiter si vous êtes intéressés par la culture Saami ou par la Laponie. En plus il y a une cafétéria très agréable (oui je me suis laissée tenter par un chocolat chaud) et une boutique qui vend des livres très bien (j’en ai feuilletés plusieurs et y en a même en français).

L'exposition sous forme de bande chronologique est très claire et parfaite pour comprendre l'évolution de la culture Saami

Porokilpailut : la course de rennes

La première course commençait à 11h le Samedi, mais je voulais y aller tôt au cas où je me perdrais dans la ville (ce qui en fait n’est pas possible c’est trop petit). Je suis donc arrivée à l’avance. Pas grave, j’en ai profité pour regarder les rennes dans l’enclos, mais surtout j’ai vu les skieurs, les mecs qui skient derrière les rennes en étant tractés par une motoneige (eh eh ça donne des idées !).

Les rennes dans l'enclos en attendant de courir 

 A 11h la première course ! Je sais plus si ma première réaction a été : « oh les fous ! » ou « c’est trop puissant ! ». Faut le voir c’est juste énorme et ça va très (très) vite, d’autant plus que les premières courses étaient du sprint sur 400 (ou 500) mètres. Après ces (trop) rapides qualif du sprint : place au lancer de lasso ! C’est super marrant à voir. Les concurrents doivent attraper des piquets à l’aide de leur lasso à des distances de plus en plus éloignées. Mais moi je voulais surtout voir les courses de rennes, encore et encore ! Et cette fois c’était une plus grande distance : 1 000 mètres ! Départ devant le public, puis il s’enfonce vers le lac avec un virage (alors l’écran géant est bien utile), puis la ligne d’arrivée de nouveau devant le public. Ah je me répète, mais c’est trop génial ! Cependant, un détail m’a déranger pendant cette journée : le vent. Je n’ai jamais autant souffert du vent. Certains pensent « oh la chochotte !», mais depuis, quand je dis que j’étais à la course de rennes tout le monde me parle directement de ce satané vent. Heureusement, celui-ci était bien moins violent le lendemain.

 

Couses de rennes à Inari 

Ce fameux lendemain l’ambiance était encore plus festive : le jour des finales ! Il y avait encore plus de Sames avec des tenues traditionnelles (adultes comme enfants). Pour le sprint il y avait trois finales, qualifiant chacune un renne pour la grande finale. On sentait qu’il y avait plus d’enjeu que la veille, et c’était d’autant plus sympa à regarder, même si moi je ne connaissais aucun renne (et je ne crois pas qu’il y avait des paris d’organisés).  Puis j’ai assisté à la final homme du lancer de lasso. Mon ami Samuel a participé comme jury, c’est-à-dire qu’il devait signaler si le concurrent avait attrapé le piquet ou non et retirer le lasso du piquet si c’était le cas. Après ça, je suis rentrée. Et oui pas d’autres courses de rennes pour moi. La personne qui devait me ramener travaillait l’après-midi, impossible pour lui de rester plus longtemps, et pour moi c’était la meilleure solution pour rentrer à Kiilopää. Mais je n’ai aucun regret : je sais que j’ai déjà beaucoup de chance d’avoir vu toutes ces courses et d’avoir pu assister à la final du sprint.

  

 

Compétition de lancer de lasso - Enfant avec une cape Saami

Et si vous vous demandez à quoi ressemble une course de renne : en voici une prise depuis ma GoPro : Lien Youtube

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