SAMES

L’été dernier, je vous racontais le déroulement des marquages de rennes auxquels j’avais participé et où l'on marque les rennes en fonction de leur propriétaire. Ces rassemblements où l’on doit attraper les rennes, les observer et les attraper de nouveau pour les marquer, le tout sous le soleil de minuit et au milieu des moustiques. Vous imaginez bien que l’idée d’y participer à nouveau ne m’a jamais quitté, et que j’attendais ce moment avec une grande impatience. Et surtout avec l’espoir que les éleveurs n’oublient pas de m’avertir.

Marquage des rennes sous le soleil de minuit (1h05)

« Où es-tu ? Les marquages ont commencé ». Un SMS, et me voilà sur la route. Mon sac à dos était prêt depuis plusieurs jours : vêtements, sac de couchage, nourritures, anti-moustique et appareil photo. Destination Vuotso, village Sami rattaché à la commune de Sodankylä et situé à quelques 200 km au nord de Rovaniemi. C’est dans ce même village que j’avais participé aux marquages l’été dernier. Que de souvenirs, et que de hâte de retrouver les éleveurs que je connais, mais aussi de retrouver les rennes et leur faon.

Des heures passées au milieu des rennes et à les observer

Il est 15 heures lorsque j’arrive à mon premier marquage. Et bien qu’il soit très tôt, les éleveurs en sont déjà à la deuxième partie du marquage, à savoir la phase d’observation. L’année dernière la chaleur assommante imposait aux éleveurs de pratiquer le marquage lorsque les températures étaient plus clémentes, c’est-à-dire la nuit, pour préserver les faons. Cette année, l’été est frais, on approche difficilement les 20° et on peut donc pratiquer le marquage bien plus tôt dans la journée.

 

Sous un temps frais et humide, les faons cherchent leur mère

Cependant la fraîcheur implique également moins de moustiques. Point positif pour moi, mais négatif pour les éleveurs qui ont bien plus de difficultés à regrouper les rennes. Car les moustiques poussent les rennes à se regrouper par instinct et c’est alors bien plus facile de les déplacer. De plus, les rennes aiment la fraîcheur et sont très dynamiques à de faibles températures, et donc plus difficiles à gérer que sous une chaleur qui les assomme littéralement. A cause de ces difficultés, ce jour-là nous avons fait deux rassemblements de troupeaux de petites tailles (moins de 200 faons).

La fraîcheur leur donne des forces, et moi je lutte pour les attraper 

Pour moi, ce premier marquage de l’été, c’était comme Noël, que l’on attend depuis le 1er Décembre et le 1er chocolat. Ce marquage, je l’attendais depuis mon retour en Finlande. Mais ce qui fut encore plus beau que le fait d’être enfin au milieu des rennes, c’était ces éleveurs qui sont venus me voir pour me dire simplement « t’es revenu, tu nous as pas oublié ». Il y avait comme une reconnaissance mutuelle : je ne les ai pas oublié, mais ils ne m’ont pas oublié non plus. Quel plaisir de se sentir intégrée un peu plus parmi ses éleveurs. Et surtout, comment les oublier…

Comment oublier ces moments parmi les éleveurs et leurs rennes

J’ai ainsi passé 4 jours parmi les éleveurs. Chaque jour j’attendais le SMS ou l’appel qui m’indiquerait où aller et à quelle heure. Chaque soir je mangeais parmi des éleveurs. J’avais un stock de saucisses, le repas typique de la région pour un repas sur le pouce près du feu. Mais le meilleur, reste évidemment le renne. Un éleveur m’a offert un morceau à griller de renne fumé issu de la cuisse d’un mâle castré. Je ne peux pas vous expliquer à quel point c’est délicieux, y a pas de mot pour ça ! 

Du renne grillé = Bacon x 1000 

Chaque soir je voyais les rennes arriver poursuivis par les quads. Ce bruit des sabots sur le sol, ces cris des éleveurs pour les pousser vers l’enclos. Chaque soir j’attrapais les faons pour leur mettre un numéro. Chaque soir je passais des heures à les regarder courir, chercher leur faon ou chercher leur mère et se trouver. Sentir se soulagement de cette retrouvaille. Et chaque soir, je les attrapais à nouveau pour les donner à leur propriétaire. Une répétition qui n’en est finalement pas une, chaque rassemblement est unique. Un moment de vie, un moment privilégié au milieu de ces rassemblements qui se répètent depuis des siècles, tout en étant singuliers. Je capte chaque moment, et je le savoure, comme une tranche de renne fumé grillé sur le feu.

Arrivée des rennes et des éleveurs

 

Au milieu des faons pour leur mettre un numéro

Pendant l'observation des rennes, les faons tentent de reprendre des forces auprès de leur mère

Publié dans Journal de Bord

Depuis mon arrivée à Rovaniemi, j’avais une idée en tête : aller au Nord ! Vous pensez surement que je suis exigeante. Mais lorsque vous avez vu la vrai Laponie, le Sapmi, alors Rovaniemi n’est qu’une ville vous laissant miroiter cette Laponie. Fin Mars, j’ai pris la route pour un weekend à Inari, petit village Sami cher à mon cœur.

Village d'Inari

Un an après, me revoilà, et encore une fois à une course de rennes ! Celle d’Inari est particulière car c’est la dernière de la saison et elle se déroule au cœur du territoire Sami. L’occasion idéale de retrouver cette belle culture.

 

Un Sami en tenu traditionnelle

Samedi matin départ en bus et c’est parti pour 7h de route. Malheureusement, mauvais timing, j’arrive trop tard pour voir les courses du jour. Mais je retrouve des amis français séjournant dans les environs. Je profite de cette fin d’après-midi pour aller au musée SIIDA et lire des livres pour mon travail. Puis direction l’hôtel, et là les choses se corsent…

Pour faire simple, je n’ai pas réservé le bon hôtel… Ma réservation est dans à l’Hotel d’Ivalo et non d’Inari (le nom des hôtels est plus que  proche pour ma défense). Par chance je parviens à annuler ma réservation sans en payer l’intégralité et il reste une unique chambre dans l’hôtel que je souhaitais. Le sauna de la chambre m’a fait le plus grand bien après un tel coup de pression ! Une fois calmée, direction le bar Papana. Honnêtement je n’aime pas la tête de ce bar, l’ambiance y est étrange, mais qu’est-ce qu’on y mange bien ! J’avais mangé une salade de rennes fumés l’année dernière, et cette fois, j’ai mangé le meilleur burger de ma vie ! Burger de rennes évidemment.

 Le bar Papana vous propose des plats succulents à base de rennes

Le dimanche, je commence par un mini footing d’un petit quart d’heure sur un petit chemin de randonnée à côté de l’hôtel. Ça m’a bien réveillé et ça m’a permis de tester mon nouveau collant Akammak en condition footing hivernale.

 

Collant Akammak : chaud et confortable, le bonheur surtout dans un tel environnement

Mais il était temps d’aller à la course de rennes. Un peu en retard, ce sont des finlandais, d’un certain âge comme on dit, qui m’y ont conduit. L’occasion d’une franche rigolade malgré la barrière de la langue. Dès mon arrivée sur le lac la fête commence. Finale du sprint et longues distance, course pour les enfants, finale du lancer de lasso… Toute la journée, la compétition s’enchaine dans une ambiance légère et familiale. Le temps est de la partie et c’est un pur moment de plaisir. J’ai même l’agréable surprise de croiser d’ancien collègue de Metsähallitus. Une belle journée dans le Sapmi.

Les enfants aussi participent à la course

Un renne à l'arrivée

La vrai raison de ce séjour à Inari était une visite de l’Institut d’Education Sami. Il s’agit d’une école qui enseigne la culture et le savoir-faire Sami. Parmi les enseignements on y trouve l’élevage de rennes. C’était avec une grande curiosité que j’ai donc visité cette école au cœur de la forêt, à Kaamanen. Les élèves y apprennent les bases de l’élevage de rennes, de la mécanique (les motoneiges étant leur principal outil de travail) et également de la gestion. L’école dispose même d’un abattoir qui sert à la fois pour les éleveurs et pour former les élèves dès la première année !

 

J'ai eu l'occasion de nourrir un renne

Ce fut un weekend riche en émotion et en découverte. C’est toujours un bonheur d’aller dans le Sapmi, de croiser des rennes et de partager avec les éleveurs. Je n’ai pas envie de redescendre à Rovaniemi, j’ai envie de rester là, dans cette belle forêt boréale qui m’avait tant manqué.

Publié dans Journal de Bord

Avec la sélection durant l’hiver, le marquage est le deuxième moment de l’année où l’éleveur regroupe ses rennes dans des enclos. Le marquage se déroule entre Juin et Juillet et dure en moyenne deux semaines. L’arrivée des moustiques indique quand commencer, les rennes se regroupent alors pour migrer et fuir les moustiques et les éleveurs peuvent ainsi facilement rassembler les troupeaux et les diriger vers les enclos.

Certains éleveurs n’ont pas assez de rennes pour ne vivre que de l’élevage et ont un autre travail pendant l’été, le marquage se déroule donc la nuit et peut durer jusqu’au matin, selon le nombre de rennes rassemblés.

Le troupeau est amené dans un premier enclos à l’aide des quads. Le bruit quand le troupeau arrive de la forêt est assez incroyable, les sabots frappant le sol, ça me fait toujours penser aux gnous dévalant la vallée sur Simba (cf. « Le Roi Lion »)... Une fois les rennes dans l’enclos principal, on les amène par petits groupes dans un autre enclos plus petit qui va permettre d’attraper les faons afin de leur accrocher un numéro autour du cou.

Pendant cette étape, les éleveurs peuvent aussi castrer les mâles âgés de 5 ans et mettre un collier de couleur autour de certaines femelles. Ce collier a plusieurs objectifs. Le premier est de d’identifier plus facilement le propriétaire du renne, très utile pour que les enfants apprennent à reconnaître les marques de leur famille. Ces colliers peuvent être équipés de bande réfléchissante afin de de rendre le renne plus visible la nuit et d’éviter de nombreux accidents, mais aussi de GPS permettant de localiser le renne et probablement le troupeau. Le collier est aussi une réponse à la menace des prédateurs. En effet, les oreilles du renne peuvent être mangées par le prédateur, empêchant ainsi l’identification du propriétaire.

Une fois ces deux opérations effectuées, on libère les rennes dans un grand enclos. On répète cette opération jusqu’à ce que tous les faons du troupeau aient un numéro.

C’est alors que débute la deuxième étape : la phase d’observation. Les rennes sont dans un grand enclos où ils sont moins stressés par la présence des éleveurs. Les faons cherchent leur mère et les mères cherchent leur petit. Les éleveurs observent et notent quelle mère correspond à chaque petit et donc quel est le propriétaire du faon. Les éleveurs se réunissent une première fois, afin de rassembler leurs observations sur une grille finale : à chaque numéro va correspondre un éleveur. Mais plusieurs éleveurs peuvent avoir relevé le même faon (c’est-à-dire qu’ils ont relevé chacun une mère différente pour un même faon), ils vont alors observer ensemble pour connaitre le propriétaire. L’observation continue ainsi jusqu’à ce que tous les faons est un propriétaire.

Troisième étape : le marquage. Comme pour la première étape, on amène les rennes par petits groupes dans l’enclos central. On doit alors attraper une nouvelle fois les faons, les amener à la personne qui dispose de la liste pour connaitre le propriétaire du faon, et à ce moment-là, l’éleveur peut enfin apposer la  marque du propriétaire et celle de la coopérative sur les oreilles du faon. Les rennes sont alors libérés dans un enclos plus grand puis seront relâchés une fois tous les faons marqués.

Les méthodes pour chaque étape peuvent varier, en fonction du nombre de participants, de la coopérative et de l’enclos (qui dépends du nombre de rennes), mais le principe est toujours le même. Par exemple, certains préfèrent marquer les rennes debout, alors que d’autres préfèrent les marquer au sol.

Le marquage n’est pas une étape comme les autres dans l’élevage de rennes. L’élevage de rennes est un élevage familial et le marquage en est l’illustration car c’est une grande fête familiale. Les enfants sont habitués très jeunes à être au milieu des rennes dans l’enclos (ce qui peut être très impressionnant) et à reconnaitre la marque de leur famille.

J’ai eu la chance de participer à trois marquages, avec deux coopératives différentes. Je les aidais en regroupant les rennes dans les petits enclos et en attrapant les faons. Le fait de les aider m’a permis de m’intégrer plus facilement dans la communauté des éleveurs et j’ai ainsi pu avoir de nombreux contacts qui m’aident pour en savoir plus sur l’élevage de rennes et sur les difficultés qu’ils peuvent rencontrer aujourd’hui. Et hormis un bon coup de boule de la part d’un faon, ces moments resteront une étape très forte de mon voyage en Laponie.

Publié dans Infos Laponie
samedi, 07 juin 2014 13:15

Les prédateurs du rennes de Laponie

En Laponie, les rennes sont semi-domestiques. Ce qui veut dire qu’ils ne sont pas enfermés dans une ferme mais qu’ils se déplacent dans la nature en étant plus ou moins dirigés par l’homme (en fonction des pays mais aussi du choix de l’éleveur). Vivant ainsi librement entre forêt et toundra, ils sont confrontés à des prédateurs.

Les rennes pâturent librement en Laponie, Niilanpää, Finlande

Les prédateurs du renne :

L’ours : cet immense mammifère est trop imposant pour se déplacer efficacement dans la neige. Face à cette difficulté à se déplacer et donc à se nourrir, l’ours a adopté la tactique de l’hibernation : il va dormir d’Octobre à Avril, adaptant son organisme (diminution du rythme cardiaque, rétrécissement de son estomac, baisse de sa température corporelle…) pour passer l’hiver grâce à ses réserves accumulées pendant l’été. Lors de son réveil au printemps il est essentiellement végétarien, jusqu’à l’automne où il va avoir un régime plus de carnivore afin de faire le plein de protéine pour l’hiver à venir. Il cause alors des dégâts dans les troupeaux de rennes.

Un ours en Laponie . Crédit photo : Metsähallitus

Le loup : comme en France, le loup est particulièrement mal aimé des éleveurs. Ce n’est pourtant pas celui qui fait le plus de dégâts dans les troupeaux, mais c’est une crainte ancestrale. Il faut dire que le renne n'est pas assez rapide pour échapper à un loup pour qui il est donc une proie assez facile.

Le lynx : ce félin mesure entre 80 et 130cm et pèse entre 18 et 25kg. Un adulte a besoin de 1 kg de viande par jour et son régime alimentaire s’oriente principalement vers les cervidés c’est-à-dire les cerfs, les élans et les rennes.

Le glouton : cet animal est complétement inconnu en France et pour cause cet animal préfère les régions nordiques. Mais son nom anglais vous dit peut être quelque chose : wolverine. Un glouton c’est un peu comme un ours en beaucoup plus petit (70 à 83 cm), un adulte pèse entre 10 et 25kg. Et contrairement à l’ours, ils se déplacent sans aucun problème sur la neige ce qui facilite sa tâche à la chasse qu’ils pratiquent pour se nourrir mais aussi pour le plaisir. Lorsqu’il ne mange pas toute la carcasse, le glouton cache des réserves dans les arbres. Ce n’est cependant pas dans les arbres qu’il vit et abrite ses petits, mais dans une caverne sous-terraine.

 L’aigle royale : Non, vous ne rêvez pas, des aigles peuvent effectivement s’attaquer à des rennes, à l’aide de ses longues serres et de sa vitesse, un aigle royale a suffisamment de puissances pour s’attaquer à un faon, comme un renne adulte. En Norvège, un grand nombre de rennes sont déclarés  par les éleveurs comme tués par des aigles, mais très peu sont reconnus comme tels par l'Etat. En Finlande c’est assez rare mais quelques cas sont reconnus chaque année.

 

Glouton au musée Saami, Karasjok, Norvège

Ces prédateurs ont-ils un impact sur l’élevage de rennes ?

Il s’agit d’un vrai problème auquel sont confrontés les éleveurs de rennes. En effet, la population de ces prédateurs est en croissance permanente et la situation la plus préoccupante est en Finlande où leur population a juste explosé :

 

Loups

Lynx

Ours

Glouton

Années

1987

2000

1987

2000

1987

2000

1987

2000

Nombres d’animal

105

130

580

855

450

850

55

115

Augmentation

23 %

40 %

89 %

109 %

Nombres de rennes tués

142

270

108

136

179

716

93

1682

Augmentation

90 %

26 %

300 %

1 708 %

Source: Sustainable Reindeer Husbandry – Arctic Concil 2000 - 2002

Le nombre de rennes tués par ces prédateurs a augmenté de 531% entre 1987 et 2000. D’autant qu’à cela viennent s’ajouter les pertes de rennes dues aux maladies et aux accidents (cela représente en moyenne 36 à 15% des pertes de rennes). Si le nombre de perte lié aux prédateurs a autant augmenté c’est notamment à cause du programme de protection de ses prédateurs mit en place par l’Union Européenne. Depuis les éleveurs n’ont aucune solution pour limiter le nombre de prédateurs.

Vous avez peut être remarqué que je n’ai pas exposé de chiffre lié à l’aigle royal. D’une part, parce que, bien que l’aigle royale s’attaque aux rennes, il n’y a pas de statistique le chiffrant. Et d’autre part, parce que la population d’aigles royales est assez faible, notamment du fait de l’étendue de leur territoire par aigle qui limite la possibilité d’une augmentation de la population. Ainsi, la population d’aigle royale est naturellement faible.

Aigle royale dans le parc national Urho Kekkonen, Finlande. Crédit Photo : Metsähallitus

Les Etats payent des compensations face à ses pertes

La Finlande et la Norvège versent une somme compensatoire aux éleveurs lorsqu’un renne est déclaré comme tué par un prédateur et que cela est confirmé par l’Etat. En Norvège, moins de 20% des déclarations sont confirmées. De plus, la compensation ne peut pas remplacer la valeur d’un renne. Car c’est un renne en moins mais c’est aussi une naissance en moins à venir (car le troupeau est majoritairement composé de femelle), un vrai manque à gagner pour l’éleveur.

En Suède, le système de compensation est complètement différent. Les éleveurs ne reçoivent pas une compensation pour un renne tué, mais en fonction du nombre de naissance de prédateurs, chaque  prédateur ayant un quota en fonction du nombre de renne dans la zone d’élevage. La somme compensatoire est alors versé au village pour être redistribuer ensuite aux éleveurs. Ainsi en 1998, un éleveur pouvait recevoir 58€ pour un renne tué, quand la valeur d’un renne vivant est en moyenne de 1 200€.

Ce problème de prédateur existe depuis toujours dans l’élevage de rennes. Et les éleveurs l’ont toujours accepté même si évidemment ils essayent de le limiter. Ce qui pose aujourd’hui problème c’est la croissance très forte de ces prédateurs. Et bien qu’ils soient indemnisés pour les pertes, ces indemnisations ne concernent que les animaux retrouvés. Hors, quand en 2013, 5263 rennes ont été retrouvés tué par un prédateur, on estime que près de 3 000 ne sont jamais retrouvés et donc non indemnisés.

Publié dans Infos Laponie
mercredi, 19 février 2014 18:20

Séjour en Suède

La Laponie s’étend sur quatre pays et j’ai pour objectif d’en découvrir trois d’entre eux (ne m’en voulez pas, je n’irai pas en Russie). En Février se tient tous les ans le plus grand marché Sami, à Jokkmokk. C’était donc le moment idéal pour découvrir cette Laponie Suédoise.

Je suis partie le mercredi, j’ai traversé Rovaniemi, Kemi et Tornio où j’ai fait escale pour la nuit. Tornio est la ville Finlandaise frontalière à la Suède. Happaradan est son homologue Suédoise. J’ai donc passé la frontière et pris de nouveau le car à Happaranda direction Luleå puis enfin Jokkmokk. 12 heures de car dans les pattes et je découvrais enfin le marché de Jokkmokk.

Dans le marché on trouve de la viande de rennes et de la peau de rennes, de l’artisanat Sami (couteaux, tasses, bonnets…), de la fourrure, des chaussettes, du salami, des bonbons et des produits plus au moins locaux (pour le moins local je pense notamment aux produits en fourrure d’alpaga du Pérou). Puis il y a le fameux cortège de rennes le midi. Des enfants et des adultes en tenues traditionnelles défilent avec des rennes et des traîneaux. Ça fait très folklorique mais c’est très beau, comme tout le marché.

  

Stand de bonbon - Enfants Sami - Renne du cortège

Mais ce qui est intéressant c’est d’aller autour du marché, et de trouver les différentes expositions et animations. On trouve du vrai artisanat Sami, car sur les étals ce sont des pièces toutes identiques, là ce sont des pièces faites main et donc uniques ! Et c’est l’occasion de faire des rencontres. J’ai eu la chance de rencontrer Jon (de Jon face aux vents de Corto Fajal) et ses magnifiques créations. C’était touchant de le rencontrer car c’est ce documentaire qui m’a incité à diriger le projet vers ce qu’il est aujourd’hui (l’élevage de rennes et le changement climatique). Et c’était amusant parce que dans la même pièce que Jon ce trouvait une Sami qui est la meilleure amie de la femme chez qui je logeais. Elle avait des objets magnifiques, elle m’a expliqué que ça prenait énormément de temps (notamment car elle traitait elle-même la peau des rennes), mais que quand elle faisait ces pièces, elle se sentait vraiment bien.

  

Rencontre avec Jon (Jon face aux vents)

Après ces trois jours à Jokkmokk je suis allée à Kiruna histoire de voir la mine de fer. Et bien c’est la seule chose que j’ai vu. Non ce n’est pas vrai, j’ai vu l’extérieur de l’église de Kiruna, très belle. Mais la ville en elle-même, bon elle est plus belle que Rovaniemi, mais sans plus. Et c’était un Dimanche, tout était fermé. Mais je remercie quand même Jean Claude et Terre des Sames qui m’ont très bien accueilli et avec qui j’ai passé un très bon week end.

 

Eglise de Kiruna - Mine de fer de Kiruna

Publié dans Journal de Bord
vendredi, 21 février 2014 13:28

Poroerotus

Dans cette section vous allez découvrir des lieux où je suis passée, plus ou moins longtemps, que j’ai plus ou moins apprécié, mais que quoi qu’il arrive, j’ai envie de partager avec vous.

Et pour commencer j’ai choisi le Poroerotus. Et je commence fort car bien que ce soit évidemment un lieu, c’est aussi et surtout un évènement dans la culture same : la sélection des rennes

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Le 23 Janvier, j’ai eu la chance d’assister à une sélection des rennes. Les éleveurs répartissent les rennes selon ceux qu’ils vont garder et ceux qui vont être vendus ou abattus.

Les différentes familles de l’association (ou du village si vous préférez) se réunissent au poroerotus. On voit sur la photo qu’il y a plusieurs petits groupes dans l’enclos central, ce sont les différentes familles.

Sur la photo, l’homme seul qui se dirige vers le centre du poroerotus est le président de l’association. Il a été élu par les éleveurs et est lui-même éleveur.

 

 

La femme habillée aux couleurs sami est chargé d’enregistrer les rennes et leur propriétaire sur une liste officielle.

Sur cette photo l’enfant a attrapé un renne, né en juin dernier, qui n’a pas été marqué durant la période de marquage, chose faite sitôt qu’ils seront à qui il appartient.

 

 

Pour commencer la sélection, les rennes sont amenés dans un enclos. A partir de cet enclos ils sont amenés par petits groupes dans l’enclos principal où ils sont répartis dans les différents enclos en fonction de ce qu’on réserve au renne : vendu, abattu où conserver et dans ce cas ils sont répartis par famille.

Pour les attraper inutile de leur courir après, les rennes apeurés tournes en rond dans le poroerotus et  l’éleveur attrape le renne de son choix lorsque celui-ci passe à côté de lui.

 

  

Un lieu magnifique où se déroule un événement assez hors du commun surement parce qu’il se déroule ainsi depuis bien des siècles.