SAMES

L’été dernier, je vous racontais le déroulement des marquages de rennes auxquels j’avais participé et où l'on marque les rennes en fonction de leur propriétaire. Ces rassemblements où l’on doit attraper les rennes, les observer et les attraper de nouveau pour les marquer, le tout sous le soleil de minuit et au milieu des moustiques. Vous imaginez bien que l’idée d’y participer à nouveau ne m’a jamais quitté, et que j’attendais ce moment avec une grande impatience. Et surtout avec l’espoir que les éleveurs n’oublient pas de m’avertir.

Marquage des rennes sous le soleil de minuit (1h05)

« Où es-tu ? Les marquages ont commencé ». Un SMS, et me voilà sur la route. Mon sac à dos était prêt depuis plusieurs jours : vêtements, sac de couchage, nourritures, anti-moustique et appareil photo. Destination Vuotso, village Sami rattaché à la commune de Sodankylä et situé à quelques 200 km au nord de Rovaniemi. C’est dans ce même village que j’avais participé aux marquages l’été dernier. Que de souvenirs, et que de hâte de retrouver les éleveurs que je connais, mais aussi de retrouver les rennes et leur faon.

Des heures passées au milieu des rennes et à les observer

Il est 15 heures lorsque j’arrive à mon premier marquage. Et bien qu’il soit très tôt, les éleveurs en sont déjà à la deuxième partie du marquage, à savoir la phase d’observation. L’année dernière la chaleur assommante imposait aux éleveurs de pratiquer le marquage lorsque les températures étaient plus clémentes, c’est-à-dire la nuit, pour préserver les faons. Cette année, l’été est frais, on approche difficilement les 20° et on peut donc pratiquer le marquage bien plus tôt dans la journée.

 

Sous un temps frais et humide, les faons cherchent leur mère

Cependant la fraîcheur implique également moins de moustiques. Point positif pour moi, mais négatif pour les éleveurs qui ont bien plus de difficultés à regrouper les rennes. Car les moustiques poussent les rennes à se regrouper par instinct et c’est alors bien plus facile de les déplacer. De plus, les rennes aiment la fraîcheur et sont très dynamiques à de faibles températures, et donc plus difficiles à gérer que sous une chaleur qui les assomme littéralement. A cause de ces difficultés, ce jour-là nous avons fait deux rassemblements de troupeaux de petites tailles (moins de 200 faons).

La fraîcheur leur donne des forces, et moi je lutte pour les attraper 

Pour moi, ce premier marquage de l’été, c’était comme Noël, que l’on attend depuis le 1er Décembre et le 1er chocolat. Ce marquage, je l’attendais depuis mon retour en Finlande. Mais ce qui fut encore plus beau que le fait d’être enfin au milieu des rennes, c’était ces éleveurs qui sont venus me voir pour me dire simplement « t’es revenu, tu nous as pas oublié ». Il y avait comme une reconnaissance mutuelle : je ne les ai pas oublié, mais ils ne m’ont pas oublié non plus. Quel plaisir de se sentir intégrée un peu plus parmi ses éleveurs. Et surtout, comment les oublier…

Comment oublier ces moments parmi les éleveurs et leurs rennes

J’ai ainsi passé 4 jours parmi les éleveurs. Chaque jour j’attendais le SMS ou l’appel qui m’indiquerait où aller et à quelle heure. Chaque soir je mangeais parmi des éleveurs. J’avais un stock de saucisses, le repas typique de la région pour un repas sur le pouce près du feu. Mais le meilleur, reste évidemment le renne. Un éleveur m’a offert un morceau à griller de renne fumé issu de la cuisse d’un mâle castré. Je ne peux pas vous expliquer à quel point c’est délicieux, y a pas de mot pour ça ! 

Du renne grillé = Bacon x 1000 

Chaque soir je voyais les rennes arriver poursuivis par les quads. Ce bruit des sabots sur le sol, ces cris des éleveurs pour les pousser vers l’enclos. Chaque soir j’attrapais les faons pour leur mettre un numéro. Chaque soir je passais des heures à les regarder courir, chercher leur faon ou chercher leur mère et se trouver. Sentir se soulagement de cette retrouvaille. Et chaque soir, je les attrapais à nouveau pour les donner à leur propriétaire. Une répétition qui n’en est finalement pas une, chaque rassemblement est unique. Un moment de vie, un moment privilégié au milieu de ces rassemblements qui se répètent depuis des siècles, tout en étant singuliers. Je capte chaque moment, et je le savoure, comme une tranche de renne fumé grillé sur le feu.

Arrivée des rennes et des éleveurs

 

Au milieu des faons pour leur mettre un numéro

Pendant l'observation des rennes, les faons tentent de reprendre des forces auprès de leur mère

Depuis mon arrivée à Rovaniemi, j’avais une idée en tête : aller au Nord ! Vous pensez surement que je suis exigeante. Mais lorsque vous avez vu la vrai Laponie, le Sapmi, alors Rovaniemi n’est qu’une ville vous laissant miroiter cette Laponie. Fin Mars, j’ai pris la route pour un weekend à Inari, petit village Sami cher à mon cœur.

Village d'Inari

Un an après, me revoilà, et encore une fois à une course de rennes ! Celle d’Inari est particulière car c’est la dernière de la saison et elle se déroule au cœur du territoire Sami. L’occasion idéale de retrouver cette belle culture.

 

Un Sami en tenu traditionnelle

Samedi matin départ en bus et c’est parti pour 7h de route. Malheureusement, mauvais timing, j’arrive trop tard pour voir les courses du jour. Mais je retrouve des amis français séjournant dans les environs. Je profite de cette fin d’après-midi pour aller au musée SIIDA et lire des livres pour mon travail. Puis direction l’hôtel, et là les choses se corsent…

Pour faire simple, je n’ai pas réservé le bon hôtel… Ma réservation est dans à l’Hotel d’Ivalo et non d’Inari (le nom des hôtels est plus que  proche pour ma défense). Par chance je parviens à annuler ma réservation sans en payer l’intégralité et il reste une unique chambre dans l’hôtel que je souhaitais. Le sauna de la chambre m’a fait le plus grand bien après un tel coup de pression ! Une fois calmée, direction le bar Papana. Honnêtement je n’aime pas la tête de ce bar, l’ambiance y est étrange, mais qu’est-ce qu’on y mange bien ! J’avais mangé une salade de rennes fumés l’année dernière, et cette fois, j’ai mangé le meilleur burger de ma vie ! Burger de rennes évidemment.

 Le bar Papana vous propose des plats succulents à base de rennes

Le dimanche, je commence par un mini footing d’un petit quart d’heure sur un petit chemin de randonnée à côté de l’hôtel. Ça m’a bien réveillé et ça m’a permis de tester mon nouveau collant Akammak en condition footing hivernale.

 

Collant Akammak : chaud et confortable, le bonheur surtout dans un tel environnement

Mais il était temps d’aller à la course de rennes. Un peu en retard, ce sont des finlandais, d’un certain âge comme on dit, qui m’y ont conduit. L’occasion d’une franche rigolade malgré la barrière de la langue. Dès mon arrivée sur le lac la fête commence. Finale du sprint et longues distance, course pour les enfants, finale du lancer de lasso… Toute la journée, la compétition s’enchaine dans une ambiance légère et familiale. Le temps est de la partie et c’est un pur moment de plaisir. J’ai même l’agréable surprise de croiser d’ancien collègue de Metsähallitus. Une belle journée dans le Sapmi.

Les enfants aussi participent à la course

Un renne à l'arrivée

La vrai raison de ce séjour à Inari était une visite de l’Institut d’Education Sami. Il s’agit d’une école qui enseigne la culture et le savoir-faire Sami. Parmi les enseignements on y trouve l’élevage de rennes. C’était avec une grande curiosité que j’ai donc visité cette école au cœur de la forêt, à Kaamanen. Les élèves y apprennent les bases de l’élevage de rennes, de la mécanique (les motoneiges étant leur principal outil de travail) et également de la gestion. L’école dispose même d’un abattoir qui sert à la fois pour les éleveurs et pour former les élèves dès la première année !

 

J'ai eu l'occasion de nourrir un renne

Ce fut un weekend riche en émotion et en découverte. C’est toujours un bonheur d’aller dans le Sapmi, de croiser des rennes et de partager avec les éleveurs. Je n’ai pas envie de redescendre à Rovaniemi, j’ai envie de rester là, dans cette belle forêt boréale qui m’avait tant manqué.

lundi, 06 avril 2015 14:13

Retour en Finlande

Comme certains ont pu le constater via les réseaux sociaux (que ce soit Facebook ou Twitter), je suis de retour en Finlande. Après avoir quitté Kiilopää, mon petit chalet, mes collègues et les rennes, le retour en France a été bien difficile. J’étais bien sûre très heureuse de retrouver ma famille et mes amis, mais tout était différent.

A mon retour en France, j'avais l'impression de ne plus être sur la même route que mon entourage.

Bien que mon voyage intéresse mon entourage et que j’apprécie de le raconter, il y a ce sentiment qu’ils ne peuvent pas comprendre, qu’ils manquent quelque chose. Ce n’est pas de la prétention, c’est juste que les mots et les photos ne peuvent pas transmettre ce vécu, ces odeurs, ces sentiments, il faut simplement le vivre. Je peux (et je vais) vous raconter une soirée d’aurore boréale, mais ce que l’on ressent dans ces moments ne peuvent être compris que lorsqu’on les vit. C’est ce qui rend difficile le retour… Et a influencé mon retour.

Retour en Finlande, à Rovaniemi cette fois.

Je suis donc à Rovaniemi pour les 6 prochains mois, où je travaille à l’Arctic Center dans le cadre de mes études. Je suis vraiment très heureuse de pouvoir travailler dans un tel lieu et si bien entourée. Je ne parle pas seulement de Léon de la Teamgivrés qui y travaille aussi et qui me supporte chaque jour, mais de ces chercheurs de tout horizon qui font vivre le centre.

L'Arctic Center, mon lieu de travail.

Ici je retrouve mes anciens amis et collègues, pour certains qui travaillent dans le bâtiment juste en face, pour d’autre il faut aller jusqu’à Kiilopää, Ivalo ou Inari pour les retrouver. Mais c’est tellement un plaisir de les revoir. De se rappeler des souvenirs de l’année passée et pour le coup, eux les comprennent parce qu’ils les ont vécu à mes côtés.

 

Revoir six mois plus tard mon amie Anu qui m'avait emmené à un marquage de rennes avec sa famille.

Je suis de retour et j’espère bien en profiter et vous le faire partager !

Je tiens aussi à remercier Akammak et Baladéo qui me soutiennent toujours dans mes projets, et la Mairie d’Emerainville qui me soutient dans cette nouvelle aventure. 

Le lac d’Inari, passage obligatoire en Finlande, que ce soit en hiver ou en été. En hiver je l’ai découvert lors des courses de rennes qui se déroulent sur ce lac et dont je vous parle dans cet article : « Porokilpailut : ça court vite un renne ». Mais aujourd’hui, je vais vous parler de ma découverte du lac en été, lors d’une partie de pêche avec des amis.

Ce lac est extraordinaire, de par sa taille tout d’abord, mais aussi par le nombre d’îles qui le compose. Ce n'est pas pour rien qu’on le surnomme le lac aux 1 000 îles. En réalité on dénombre pas moins de 4 350 îles, parfois petites, parfois plus grandes, parfois avec une maison, parfois désertes, parfois même sacrées, mais jamais banales.

Nellim, petit village bordant le sud du lac Inari à quelques kilomètres de la frontière Russe, et très connu des touristes pour son église orthodoxe. Mais pour les finlandais ce village c’est là où se déroule une grande compétition de pêche. Alors quand une amie m’a proposé d’y participer, j’ai sauté sur l’occasion pour découvrir cette activité et passer un weekend mémorable.

Arc en ciel sur le lac Inari au milieu du déluge

Après une semaine sous une chaleur étouffante, me voilà en direction de Nellim pour le week-end. Une éleveuse de rennes m’a proposé d’aller pêcher avec son mari et un ami. Me voilà prenant un verre avec mes amis dans le Wilderness Hotel… dans, oui car un gros orage vient d’éclater, et nous patientons pour savoir si la compétition est maintenue ou non. Finalement, l’orage cesse, la pluie aussi, et malgré le vent nous péchons une bonne partie de la soirée. Au bout de la compétition nous avons 4 poissons et nous finissons 4ème de la compétition, mais l’essentiel n’est pas là. Le temps passé avec mes amis, à discuter de tout et de rien, croisant d’autres pêcheurs, attrapant de temps à autre un poisson, mais surtout rigolant et profitant du paysage. A la fin de la compétition, il est temps d’aller au refuge.

Et oui, j'ai quand même réussi à attraper quelques poissons

Nous prenons le bateau et nous voguons vers le refuge. Une dizaine de minutes que je savoure pleinement, cheveux aux vents, traversant à toute allure ce lac dont je ne cesse d’entendre parler et qui me fascine, observant chaque île que nous croisons, est-elle habitée ? Est-elle sacrée ? Respirant l’air si frais et pur, je me laisse tout simplement envoûter par l’instant. Puis nous arrivons près d’une grande île qui abrite un petit refuge. Tout cela est si loin du monde d’où je viens et je m’y sens pourtant tellement à l’aise. Ce refuge d’éleveur est un chalet en bois, avec une seule pièce qui sert de cuisine, de chambre et de salon. Accolé au chalet, le sauna bien sûr, indispensable pour se détendre et se laver. Un peu à l’écart on trouve une cabane pour le bois et une autre pour les toilettes. Sérieusement, que demander de plus ? Là, sur cette petite île, nous avions tout ! Ah oui j’oubliais, nous avions un jeu de carte, donc oui, nous avions tout !

Le lendemain, nous repartons pêcher sur le lac. Le ciel est couvert, et je suis un peu fatiguée. Le bateau avance, le fil de ma canne à pêche traîne dans l’eau, et moi, je m’endors… Je dormais bien lorsqu’un poisson vient mordre à l’hameçon. Réveille en sursaut et je commence par engueuler Léo parce que je suis sure qu’il me fait une blague, mais non c’est bien un poisson ! Doucement j’essaye de le ramener à moi, tranquillement, pour qu’il ne se sauve pas… Raté... Il s'est sauvé. Fou rire avec mes amis. Puis j’ouvre vraiment les yeux, je n’ai aucune idée d’où nous sommes sur le lac, mais tout est magnifique, le ciel et les îles sont magnifiques et se reflètent dans le lac. Et nous pêchons, sur ce paradis. Toute la journée à pêcher, manger et boire. Et quand il est l’heure de rentrer, c’est pour cuisiner le poisson fraîchement pêché. Quel régal autant pour les yeux que pour le palais. Mais avant de passer à table nous allons au sauna. Ce moment de détente que j’apprécie maintenant à sa juste valeur, et dont je peux profiter aussi longtemps que je le souhaite sans avoir l’impression de subir la chaleur, serai-je devenue Finlandaise ?

Il est l’heure de dormir. Mais comment dormir après une telle journée ? Comment dormir au risque que le temps ne passe et ne m’oblige à rentrer. Non pas que je ne veuille pas retourner à Kiilopää. Mais je suis bien là. J’étais bien là.

Thank you Virpi to invited me for this amazing weekend !

dimanche, 20 avril 2014 14:56

Porokilpailut : ça court vite un renne

80 km au nord de Saariselkä, 2 heures de bus et me voilà arrivée à Inari, Petit patlin perdu entre la forêt et un immense lac. C’est parti pour trois jours que j’attendais avec impatience !

Le musée SIIDA

Le bus me dépose juste devant le musée SIIDA : premier objectif du weekend. Le musée dispose de plusieurs expositions dont une (ou deux je ne suis pas sûre) est temporaire. Quoi qu’il en soit, l’exposition sur la Laponie, sa nature et les Saamis n’est pas temporaire et elle est géniale ! Très bien construite : la Laponie, sa faune et sa flore sont présentées en fonction des saisons avec de très belles illustrations. Mais ce que j’ai préféré c’est l’exposition sous forme de bande chronologique, qui présente très clairement l’histoire des Saamis en fonction du territoire et de sa nature, mais aussi de l’histoire de la FenoScandinavie et de l’Histoire (avec des repères que l’on connait tous). Bref : un lieu à visiter si vous êtes intéressés par la culture Saami ou par la Laponie. En plus il y a une cafétéria très agréable (oui je me suis laissée tenter par un chocolat chaud) et une boutique qui vend des livres très bien (j’en ai feuilletés plusieurs et y en a même en français).

L'exposition sous forme de bande chronologique est très claire et parfaite pour comprendre l'évolution de la culture Saami

Porokilpailut : la course de rennes

La première course commençait à 11h le Samedi, mais je voulais y aller tôt au cas où je me perdrais dans la ville (ce qui en fait n’est pas possible c’est trop petit). Je suis donc arrivée à l’avance. Pas grave, j’en ai profité pour regarder les rennes dans l’enclos, mais surtout j’ai vu les skieurs, les mecs qui skient derrière les rennes en étant tractés par une motoneige (eh eh ça donne des idées !).

Les rennes dans l'enclos en attendant de courir 

 A 11h la première course ! Je sais plus si ma première réaction a été : « oh les fous ! » ou « c’est trop puissant ! ». Faut le voir c’est juste énorme et ça va très (très) vite, d’autant plus que les premières courses étaient du sprint sur 400 (ou 500) mètres. Après ces (trop) rapides qualif du sprint : place au lancer de lasso ! C’est super marrant à voir. Les concurrents doivent attraper des piquets à l’aide de leur lasso à des distances de plus en plus éloignées. Mais moi je voulais surtout voir les courses de rennes, encore et encore ! Et cette fois c’était une plus grande distance : 1 000 mètres ! Départ devant le public, puis il s’enfonce vers le lac avec un virage (alors l’écran géant est bien utile), puis la ligne d’arrivée de nouveau devant le public. Ah je me répète, mais c’est trop génial ! Cependant, un détail m’a déranger pendant cette journée : le vent. Je n’ai jamais autant souffert du vent. Certains pensent « oh la chochotte !», mais depuis, quand je dis que j’étais à la course de rennes tout le monde me parle directement de ce satané vent. Heureusement, celui-ci était bien moins violent le lendemain.

 

Couses de rennes à Inari 

Ce fameux lendemain l’ambiance était encore plus festive : le jour des finales ! Il y avait encore plus de Sames avec des tenues traditionnelles (adultes comme enfants). Pour le sprint il y avait trois finales, qualifiant chacune un renne pour la grande finale. On sentait qu’il y avait plus d’enjeu que la veille, et c’était d’autant plus sympa à regarder, même si moi je ne connaissais aucun renne (et je ne crois pas qu’il y avait des paris d’organisés).  Puis j’ai assisté à la final homme du lancer de lasso. Mon ami Samuel a participé comme jury, c’est-à-dire qu’il devait signaler si le concurrent avait attrapé le piquet ou non et retirer le lasso du piquet si c’était le cas. Après ça, je suis rentrée. Et oui pas d’autres courses de rennes pour moi. La personne qui devait me ramener travaillait l’après-midi, impossible pour lui de rester plus longtemps, et pour moi c’était la meilleure solution pour rentrer à Kiilopää. Mais je n’ai aucun regret : je sais que j’ai déjà beaucoup de chance d’avoir vu toutes ces courses et d’avoir pu assister à la final du sprint.

  

 

Compétition de lancer de lasso - Enfant avec une cape Saami

Et si vous vous demandez à quoi ressemble une course de renne : en voici une prise depuis ma GoPro : Lien Youtube

mercredi, 19 février 2014 18:20

Séjour en Suède

La Laponie s’étend sur quatre pays et j’ai pour objectif d’en découvrir trois d’entre eux (ne m’en voulez pas, je n’irai pas en Russie). En Février se tient tous les ans le plus grand marché Sami, à Jokkmokk. C’était donc le moment idéal pour découvrir cette Laponie Suédoise.

Je suis partie le mercredi, j’ai traversé Rovaniemi, Kemi et Tornio où j’ai fait escale pour la nuit. Tornio est la ville Finlandaise frontalière à la Suède. Happaradan est son homologue Suédoise. J’ai donc passé la frontière et pris de nouveau le car à Happaranda direction Luleå puis enfin Jokkmokk. 12 heures de car dans les pattes et je découvrais enfin le marché de Jokkmokk.

Dans le marché on trouve de la viande de rennes et de la peau de rennes, de l’artisanat Sami (couteaux, tasses, bonnets…), de la fourrure, des chaussettes, du salami, des bonbons et des produits plus au moins locaux (pour le moins local je pense notamment aux produits en fourrure d’alpaga du Pérou). Puis il y a le fameux cortège de rennes le midi. Des enfants et des adultes en tenues traditionnelles défilent avec des rennes et des traîneaux. Ça fait très folklorique mais c’est très beau, comme tout le marché.

  

Stand de bonbon - Enfants Sami - Renne du cortège

Mais ce qui est intéressant c’est d’aller autour du marché, et de trouver les différentes expositions et animations. On trouve du vrai artisanat Sami, car sur les étals ce sont des pièces toutes identiques, là ce sont des pièces faites main et donc uniques ! Et c’est l’occasion de faire des rencontres. J’ai eu la chance de rencontrer Jon (de Jon face aux vents de Corto Fajal) et ses magnifiques créations. C’était touchant de le rencontrer car c’est ce documentaire qui m’a incité à diriger le projet vers ce qu’il est aujourd’hui (l’élevage de rennes et le changement climatique). Et c’était amusant parce que dans la même pièce que Jon ce trouvait une Sami qui est la meilleure amie de la femme chez qui je logeais. Elle avait des objets magnifiques, elle m’a expliqué que ça prenait énormément de temps (notamment car elle traitait elle-même la peau des rennes), mais que quand elle faisait ces pièces, elle se sentait vraiment bien.

  

Rencontre avec Jon (Jon face aux vents)

Après ces trois jours à Jokkmokk je suis allée à Kiruna histoire de voir la mine de fer. Et bien c’est la seule chose que j’ai vu. Non ce n’est pas vrai, j’ai vu l’extérieur de l’église de Kiruna, très belle. Mais la ville en elle-même, bon elle est plus belle que Rovaniemi, mais sans plus. Et c’était un Dimanche, tout était fermé. Mais je remercie quand même Jean Claude et Terre des Sames qui m’ont très bien accueilli et avec qui j’ai passé un très bon week end.

 

Eglise de Kiruna - Mine de fer de Kiruna

dimanche, 02 février 2014 14:52

Week end à Rovaniemi

Ce week-end je me suis décidée : je suis allée à Rovaniemi !

On a mis environs 3h pour arriver à Rovaniemi. Mais ça passe vite, tu mets de la musique et tu regardes les paysages défilés et ça passe à toute vitesse ! On passe sur des ponts au-dessus de lacs gelés, au milieu de la forêt, bref les paysages changent et moi j’en ai pris plein les yeux pendant 3 heures.

Arriver à Rovaniemi. Objectif numéro 1 de ce week-end rencontrer un français qui connait très bien les Sames pour avoir travaillé comme chercheur sur la culture Same. Quelqu’un de très sympa qui m’a donné beaucoup de conseils, d’idées et de contacts pour avancer (encore merci à lui si par hasard il passe ici !). Après cette rencontre, j’ai visité l’Arktikum (bah ouais tant qu’à faire). Le bâtiment est séparé en deux musées : Le Centre Arctique (Arctic Center) qui présente les différentes régions de l’Arctique, sa nature, ses populations, ses changements liés au changement climatique, c’est vraiment un lieu très instructif et ludique aussi, parfois ça me faisait penser à la Cité des Sciences à Paris ;

  

Et le musée provincial de Laponie. Photo interdite et je l’ai regretté, qu’est-ce que j’ai adoré cette expo ! A l’étage, il y avait des vêtements Sames selon les différentes régions, absolument splendides. Au rez-de-chaussée, on suit chronologiquement l’évolution de la Laponie, avec une zone très intéressante sur la II Guerre Mondiale. Vraiment, j’ai adoré ce musée.

Le lendemain, passage obligatoire : Santa Claus Village, et la réponse est oui : j’ai rencontré le Père Noël ! Le village est un endroit magique, surtout lorsqu’il neige je pense. On y rencontre le Père Noël dans son bureau, ou plutôt sur son fauteuil face à l’Elfe Photographe. J’étais une gamine devant le Père Noël, incrédule de le voir, enfin ! Après cette rencontre, direction les rennes du Père Noël, son bureau de poste et surtout, la limite du Cercle Arctique, que de magie dans ce village.

  

Après tant d’émotion, il fallait que je visite un truc plus calme dans l’après-midi. Korundi me semblait l’endroit idéal. Il est l’un des très rares bâtiments qui reste de l’avant-guerre. Mais pour ce qui est de l’exposition d’art, je ne dirai pas que je n’ai pas apprécié, plutôt que l’art et moi ça fait deux. Mais bon, c’était reposant dirons-nous.

 

Ainsi c’est achevé mon bref passage à Rovaniemi. Je suis repartie au petit matin direction mon petit chalet de Kiilopää.

samedi, 25 janvier 2014 14:16

Mais tu fais quoi ?

Une question revient très régulièrement depuis que je suis arrivée en Laponie. « Mais tu fais quoi ? » C’est  vrai que comme ça on dirait que je passe mes journées à prendre des photos, mais ce n’est pas le cas. Enfin, j’en prends pas mal c’est vrai, mais je ne fais pas que ça. Donc je vais vous expliquer ce que je fais !

Oui je fais super bien la touriste

Je suis volontaire pour Metsähallitus, je suis donc à leur disposition pour les aider dans différentes tâches. Pour le moment, une grande partie de mon travail consiste à aider les rangers (pitié ne dites pas « Oh comme dans Walker Texas Rangers ! »). C’est-à-dire qu’on coupe le bois que l’on charge ensuite dans des traineaux. Une fois les traineaux chargés on les amène jusqu’aux différents refuges. Les refuges disposent d’une cabane à bois, avec une hache et une scie pour couper le bois pour faire un feu, ainsi que d’un endroit spécifique ou faire le feu (ça peut être un poêle ou simplement un bloc de pierre). Les refuges ont aussi des toilettes (à l’extérieur du refuge). Un refuge possède donc trois cabanes : le refuge en lui-même, la cabane à bois et les toilettes. Et les toilettes sont des toilettes sèches, on change donc aussi les caisses des toilettes. Outre s’occuper des refuges, les rangers réparent les panneaux indicatifs pour les touristes et tout ce qui doit être réparé dans le parc. Voilà pour mon boulot avec les rangers.

Refuge avec simplement un bloc de pierre ou faire du feu

Cependant, Metshällitus disposent de bureau un peu partout, donc je peux également aller dans le bureau de Saariselkä pour indiquer aux touristes les activités possibles dans le parc. Il y a également un centre touristique à Tankavaara, qui n’ouvre qu’au printemps et à ce moment-là j’irai là-bas pour guider les touristes (surtout les français). Tankavaara est connu pour ses oiseaux migrateurs mais aussi pour ses gisements d’or, croisez donc les doigts pour que j’en trouve !

Un Kuukkali, symbole du parc

Pour le moment je passe une grande partie de mon temps à travailler avec les rangers. Mais Metsähallitus attache une grande importance à la réalisation de mon projet. C’est-à-dire que je peux ne pas travailler pour me concentrer sur le projet comme rencontrer des gens, écrire des articles, assister à des évènements, faire des recherches.

 Voilà, vous savez tout de mon travail ici, en Laponie Finlandaise.

On est pas là pour être ici