SAMES
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dimanche, 20 avril 2014 14:56

Porokilpailut : ça court vite un renne

80 km au nord de Saariselkä, 2 heures de bus et me voilà arrivée à Inari, Petit patlin perdu entre la forêt et un immense lac. C’est parti pour trois jours que j’attendais avec impatience !

Le musée SIIDA

Le bus me dépose juste devant le musée SIIDA : premier objectif du weekend. Le musée dispose de plusieurs expositions dont une (ou deux je ne suis pas sûre) est temporaire. Quoi qu’il en soit, l’exposition sur la Laponie, sa nature et les Saamis n’est pas temporaire et elle est géniale ! Très bien construite : la Laponie, sa faune et sa flore sont présentées en fonction des saisons avec de très belles illustrations. Mais ce que j’ai préféré c’est l’exposition sous forme de bande chronologique, qui présente très clairement l’histoire des Saamis en fonction du territoire et de sa nature, mais aussi de l’histoire de la FenoScandinavie et de l’Histoire (avec des repères que l’on connait tous). Bref : un lieu à visiter si vous êtes intéressés par la culture Saami ou par la Laponie. En plus il y a une cafétéria très agréable (oui je me suis laissée tenter par un chocolat chaud) et une boutique qui vend des livres très bien (j’en ai feuilletés plusieurs et y en a même en français).

L'exposition sous forme de bande chronologique est très claire et parfaite pour comprendre l'évolution de la culture Saami

Porokilpailut : la course de rennes

La première course commençait à 11h le Samedi, mais je voulais y aller tôt au cas où je me perdrais dans la ville (ce qui en fait n’est pas possible c’est trop petit). Je suis donc arrivée à l’avance. Pas grave, j’en ai profité pour regarder les rennes dans l’enclos, mais surtout j’ai vu les skieurs, les mecs qui skient derrière les rennes en étant tractés par une motoneige (eh eh ça donne des idées !).

Les rennes dans l'enclos en attendant de courir 

 A 11h la première course ! Je sais plus si ma première réaction a été : « oh les fous ! » ou « c’est trop puissant ! ». Faut le voir c’est juste énorme et ça va très (très) vite, d’autant plus que les premières courses étaient du sprint sur 400 (ou 500) mètres. Après ces (trop) rapides qualif du sprint : place au lancer de lasso ! C’est super marrant à voir. Les concurrents doivent attraper des piquets à l’aide de leur lasso à des distances de plus en plus éloignées. Mais moi je voulais surtout voir les courses de rennes, encore et encore ! Et cette fois c’était une plus grande distance : 1 000 mètres ! Départ devant le public, puis il s’enfonce vers le lac avec un virage (alors l’écran géant est bien utile), puis la ligne d’arrivée de nouveau devant le public. Ah je me répète, mais c’est trop génial ! Cependant, un détail m’a déranger pendant cette journée : le vent. Je n’ai jamais autant souffert du vent. Certains pensent « oh la chochotte !», mais depuis, quand je dis que j’étais à la course de rennes tout le monde me parle directement de ce satané vent. Heureusement, celui-ci était bien moins violent le lendemain.

 

Couses de rennes à Inari 

Ce fameux lendemain l’ambiance était encore plus festive : le jour des finales ! Il y avait encore plus de Sames avec des tenues traditionnelles (adultes comme enfants). Pour le sprint il y avait trois finales, qualifiant chacune un renne pour la grande finale. On sentait qu’il y avait plus d’enjeu que la veille, et c’était d’autant plus sympa à regarder, même si moi je ne connaissais aucun renne (et je ne crois pas qu’il y avait des paris d’organisés).  Puis j’ai assisté à la final homme du lancer de lasso. Mon ami Samuel a participé comme jury, c’est-à-dire qu’il devait signaler si le concurrent avait attrapé le piquet ou non et retirer le lasso du piquet si c’était le cas. Après ça, je suis rentrée. Et oui pas d’autres courses de rennes pour moi. La personne qui devait me ramener travaillait l’après-midi, impossible pour lui de rester plus longtemps, et pour moi c’était la meilleure solution pour rentrer à Kiilopää. Mais je n’ai aucun regret : je sais que j’ai déjà beaucoup de chance d’avoir vu toutes ces courses et d’avoir pu assister à la final du sprint.

  

 

Compétition de lancer de lasso - Enfant avec une cape Saami

Et si vous vous demandez à quoi ressemble une course de renne : en voici une prise depuis ma GoPro : Lien Youtube

Publié dans Journal de Bord

C’est quoi un renne ?

Le renne est un Rangifer rangifer. Allez, ça c’est dit, maintenant plus simplement, le renne est un cervidé, vous connaissez tous un cervidé : c’est le cerf. Un cervidé est un mammifère ruminant qui possède des bois. Mais la différence du renne avec les autres cervidés, c’est que les mâles comme les femelles portent les bois. Les mâles les perdent vers le mois de Mars, beaucoup plus tôt que les femelles, qui peuvent alors s’en servir pour repousser les mâles pour conserver les meilleurs pâturages.

Un renne femelle, que les Sames appellent aldo, pèse entre 60 et 100 kg et peux vivre jusque 20 ans. Mais les éleveurs les gardent rarement aussi longtemps. En générale elles sont réformées à 8 ans (c’est-à-dire qu’elles sont abattues).

Dans un troupeau, il y a deux catégories de renne mâle : le mâle castré appelé gaskek et le mâle non castré (les reproducteurs donc) appelé varek. Ils peuvent peser entre 90 (pour les varek) et 180 kg (pour les gaskek). Leur espérance de vie est de 10 ans, mais sont réformés bien avant.

Le rut, où période de reproduction, débute en Octobre. Une dizaine de mâles se partage un troupeau d’une centaine de femelles. Après 8 mois de gestation, donc entre Mai et Juin, l’aldo va donner naissance à un petit renne.

Ce petit renne est appelé le faon et les Sames l’appellent miessi. A sa naissance il pèse entre 4 et 6kg, mais il va très vite prendre du poids grâce aux riches pâturages d’été. Cette prise de poids est capitale pour espérer survivre à son premier hiver.

Et qu’est-ce que ça mange ?

Les rennes sont capables de s’adapter à tout type de nourriture et leur alimentation varie selon les saisons.

·         L’hiver (la saison la plus importante en Laponie puisqu’elle dure presque 8 mois), le renne se nourrit presque exclusivement de lichen, capable de résister sous un mètre de neige, le renne creuse la neige à sa recherche. Le flaire du renne lui permet de savoir où creuser pour trouver cette plante, que lui seul peut digérer.

·         Le printemps, le renne migre vers des pâturages d’été (où il passe donc l’été) pour trouver de l’herbe bien verte et très riche qui va lui permettre de prendre du poids et de faire des réserves pour l’hiver.

·         L’automne, le renne est très friand des champignons.

Mais pourquoi élève-t-on des rennes ?

Si les rennes étaient autrefois chassés et qu’ils sont maintenant semi-domestiqués, c’est essentiellement pour leur viande, et oui il faut bien se nourrir. Mais pas seulement. Dans un environnement aussi rude que la Laponie, il n’est pas imaginable de se passer de tout ce que peux offrir un renne : les bois et les os sont notamment utilisés pour l’artisanat Saami (les couteaux, les colliers, bracelets) certifié par le logo Duodji. Et bien sûr, la peau est utilisée pour faire les traditionnels habits Saami et les chaussures. Chaque partie du renne servant pour une partie de vêtement ou de chaussure.

Le renne (vivant évidemment) peut également être utilisé comme animal de trait, autrefois pour tirer les traineaux lors des déplacements, cela est surtout un atout majeur pour le tourisme de Laponie, et aussi pour le Père Noël (évidemment).

 

Voilà, vous savez maintenant que le renne n’est pas seulement utilisé pour faire le tour monde pour vous apporter vos cadeaux de Noël !

Publié dans Infos Laponie
vendredi, 14 mars 2014 17:46

Marché Sami de Jokkmokk

Dans le Nord de la Suède, tous les ans à partir du premier jeudi du mois de Février et pendant trois jours, se déroule un évènement unique. De par sa taille, son affluence et surtout parce qu’il a lieu depuis plus de 400 ans. Je vous parle d’un lieu idéal pour faire la rencontre de la culture Sami. Oui je vous parle du traditionnel marché d’hiver Sami de Jokkmokk.

Les marchés Sami ont été instaurés au 17ème siècle par la couronne Suédoise. A cela deux objectifs : le premier était d’avoir un contrôle sur le peuple du Nord avec notamment la construction d’église sur les lieux des marchés ; le second était d’avoir une part du gâteau des bénéfices dégagés par l’artisanat Sami grâce à l’instauration de taxe. Le choix de la date est aussi ancestral, les éleveurs acceptaient de se regrouper entre Noël et début Février : le moment le plus froid de l’année. Une fois les taxes payés ils pouvaient quitter le village.

A l’origine, la Laponie Suédoise était séparée en 5 régions, chacune devait donc accueillir un marché. Vous l’aurez compris, Jokkmokk a été la ville, où plutôt le village à l’époque, choisi pour accueillir le marché régional. Ce choix se justifie notamment par le fait que le village disposé de pâturage d’hiver pour une longue période, idéal donc pour accueillir les éleveurs de rennes. Et oui, quand on parle culture Sami, on parle forcément d’élevage de rennes.

Ainsi depuis 400 ans, le marché de Jokkmokk ne s’est jamais interrompu et accueille chaque année plus de 35 000 visiteurs sur les trois jours de marché. Il a pris une telle importance qu’une église plus grande a dû être construite à la fin du 19ème siècle. On peut d’ailleurs visiter cette église pendant le marché et écouter son histoire en français. L’ancienne existe toujours et a vraiment beaucoup de charme.

Dans ce marché, on trouve évidemment de l’artisanat Sami, couteau, tasse, bracelet et tous ce qui est lié aux rennes : peau, bois et viande.  Comment découvre-t-on la culture Sami ? Déjà grâce aux Sami qui portent leurs habits traditionnels, magnifiques. Mais aussi à travers des concerts (plus rare cette année pour exprimer leur mécontentement envers l’exploitation minière), des courses de rennes, des conférences et bien sur le musée Ájtte Museum, à voir ABSOLUMENT (merci au passage à  Terre des Sames de me l’avoir fortement conseillé).

Si vous voulez plus d'info sur le marché Sami voilà quelques liens :