SAMES
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L’été dernier, je vous racontais le déroulement des marquages de rennes auxquels j’avais participé et où l'on marque les rennes en fonction de leur propriétaire. Ces rassemblements où l’on doit attraper les rennes, les observer et les attraper de nouveau pour les marquer, le tout sous le soleil de minuit et au milieu des moustiques. Vous imaginez bien que l’idée d’y participer à nouveau ne m’a jamais quitté, et que j’attendais ce moment avec une grande impatience. Et surtout avec l’espoir que les éleveurs n’oublient pas de m’avertir.

Marquage des rennes sous le soleil de minuit (1h05)

« Où es-tu ? Les marquages ont commencé ». Un SMS, et me voilà sur la route. Mon sac à dos était prêt depuis plusieurs jours : vêtements, sac de couchage, nourritures, anti-moustique et appareil photo. Destination Vuotso, village Sami rattaché à la commune de Sodankylä et situé à quelques 200 km au nord de Rovaniemi. C’est dans ce même village que j’avais participé aux marquages l’été dernier. Que de souvenirs, et que de hâte de retrouver les éleveurs que je connais, mais aussi de retrouver les rennes et leur faon.

Des heures passées au milieu des rennes et à les observer

Il est 15 heures lorsque j’arrive à mon premier marquage. Et bien qu’il soit très tôt, les éleveurs en sont déjà à la deuxième partie du marquage, à savoir la phase d’observation. L’année dernière la chaleur assommante imposait aux éleveurs de pratiquer le marquage lorsque les températures étaient plus clémentes, c’est-à-dire la nuit, pour préserver les faons. Cette année, l’été est frais, on approche difficilement les 20° et on peut donc pratiquer le marquage bien plus tôt dans la journée.

 

Sous un temps frais et humide, les faons cherchent leur mère

Cependant la fraîcheur implique également moins de moustiques. Point positif pour moi, mais négatif pour les éleveurs qui ont bien plus de difficultés à regrouper les rennes. Car les moustiques poussent les rennes à se regrouper par instinct et c’est alors bien plus facile de les déplacer. De plus, les rennes aiment la fraîcheur et sont très dynamiques à de faibles températures, et donc plus difficiles à gérer que sous une chaleur qui les assomme littéralement. A cause de ces difficultés, ce jour-là nous avons fait deux rassemblements de troupeaux de petites tailles (moins de 200 faons).

La fraîcheur leur donne des forces, et moi je lutte pour les attraper 

Pour moi, ce premier marquage de l’été, c’était comme Noël, que l’on attend depuis le 1er Décembre et le 1er chocolat. Ce marquage, je l’attendais depuis mon retour en Finlande. Mais ce qui fut encore plus beau que le fait d’être enfin au milieu des rennes, c’était ces éleveurs qui sont venus me voir pour me dire simplement « t’es revenu, tu nous as pas oublié ». Il y avait comme une reconnaissance mutuelle : je ne les ai pas oublié, mais ils ne m’ont pas oublié non plus. Quel plaisir de se sentir intégrée un peu plus parmi ses éleveurs. Et surtout, comment les oublier…

Comment oublier ces moments parmi les éleveurs et leurs rennes

J’ai ainsi passé 4 jours parmi les éleveurs. Chaque jour j’attendais le SMS ou l’appel qui m’indiquerait où aller et à quelle heure. Chaque soir je mangeais parmi des éleveurs. J’avais un stock de saucisses, le repas typique de la région pour un repas sur le pouce près du feu. Mais le meilleur, reste évidemment le renne. Un éleveur m’a offert un morceau à griller de renne fumé issu de la cuisse d’un mâle castré. Je ne peux pas vous expliquer à quel point c’est délicieux, y a pas de mot pour ça ! 

Du renne grillé = Bacon x 1000 

Chaque soir je voyais les rennes arriver poursuivis par les quads. Ce bruit des sabots sur le sol, ces cris des éleveurs pour les pousser vers l’enclos. Chaque soir j’attrapais les faons pour leur mettre un numéro. Chaque soir je passais des heures à les regarder courir, chercher leur faon ou chercher leur mère et se trouver. Sentir se soulagement de cette retrouvaille. Et chaque soir, je les attrapais à nouveau pour les donner à leur propriétaire. Une répétition qui n’en est finalement pas une, chaque rassemblement est unique. Un moment de vie, un moment privilégié au milieu de ces rassemblements qui se répètent depuis des siècles, tout en étant singuliers. Je capte chaque moment, et je le savoure, comme une tranche de renne fumé grillé sur le feu.

Arrivée des rennes et des éleveurs

 

Au milieu des faons pour leur mettre un numéro

Pendant l'observation des rennes, les faons tentent de reprendre des forces auprès de leur mère

Publié dans Journal de Bord
mercredi, 08 juillet 2015 08:31

Élément indispensable, les couteaux de poche

C’est assez ironique de faire un article sur les couteaux quand il y a à peine deux ans encore, je n’avais même pas un couteau suisse sur moi. Pour tout dire, j’avais peur d’avoir un truc coupant sur moi et de toute façon je n’en voyais pas l’utilité. Mais pour mon départ en Laponie, je me suis dit que ça pourrait m’être utile, vous savez ce fameux « au cas où ».

J’ai donc acheté mon premier couteau chez Baladéo : un Laguiole multifonction. A mon arrivée en Finlande je l’avais toujours dans ma poche « au cas où » donc. Et il m’a finalement dépanné pour ouvrir une bouteille de vin. Je dois avouer que pour mes premières semaines en Finlande, je ne voyais pas encore comment il pouvait me rendre service.

+ : c’est un beau couteau, et pour un premier couteau ça compte !

- : le poids, beaucoup trop lourd à mon sens pour un couteau de poche

Ma route m’a ensuite menée au merveilleux marché de Jokkmokk. Le marché idéal pour découvrir la culture et l’artisanat Sami. J’y ai trouvé un magnifique petit couteau traditionnel (mais pas de la marque DUODJI qui certifie qu’il a été fabriqué selon les techniques traditionnelles Samis). Ce genre de petit couteau est utilisé par les éleveurs pour marquer les jeunes rennes en été. Ils sont légers et coupent très bien. Et je dois avouer que je l’apprécie beaucoup et que je ne m’en suis jamais séparée lors de ce premier séjour en Laponie.

+ : léger et efficace

- : Pas rétractable, c’est un vrai petit couteau que l’on range dans son étui

Les éleveurs de rennes ont toujours minimum deux couteaux sur eux. Le petit dont je viens de vous parler, et un plus gros utilisé pour des tâches qui seraient compliquées avec le petit couteau notamment tailler le bois pour faire du feu. Faire du feu est la première chose que l’on m’a appris et comme c’était difficile de préparer le bois avec mon petit couteau, mes collègues m’ont offert un couteau de travail. Je pense que c’est le type de couteau que l’on trouve dans des magasins de chasse et pêche. Ensuite, impossible de m’en séparer lors des sorties en forêt, il m’était devenu indispensable.

+ : Efficace !!!!

- : Trop grand pour tenir dans une poche, il faut une ceinture ou un sac

Pour mon second voyage en Laponie, Baladéo m’a fourni deux couteaux : les Papagayos. Ce sont des petits couteaux de poche rétractables et ultra légers. Les modèles traditionnels possèdent une sécurité, ce qui n’est pas le cas pour les nouvelles versions imitation bois. J’avais un peu d’appréhension sur la texture du manche et la résistance, appréhension bien vite envolée. Aussi léger que mon couteau traditionnel, mais son côté repliable le rend plus discret et il se glisse plus facilement dans la poche.

+ : Petit, léger, efficace                                                                         

- : design simpliste, mais c’est aussi ça qu’on aime

Les couteaux sont d’une grande utilité sans que l’on s’en rende compte. Je m’en sers principalement pour cuisiner, ouvrir des trucs (les colis que mes parents m’envoient par exemple), et ils me facilitent la vie. Je ne peux pas vous énumérer toutes ses utilisations car c’est devenu tellement naturel que je n’y prête plus attention. Et quand je n'ai pas de couteau sur moi, je me dis que j'aurai du parce qu'il m'aurait servi. 

Maintenant que je vous ai parlé des couteaux que je possède, j’aimerai vous parler de ceux que je ne possède pas, mais qui ont particulièrement attiré mon attention. Je commencerais par un symbole de la Laponie : les couteaux Marttiini. Ce sont de très beaux couteaux associés à une très grande qualité. On trouve des gammes  très différentes pour chaque usages (chasse, pêche, cuisine…). Je pense me laisser tenter par un de leur couteau et comme je suis déjà bien équipée je pense prendre un couteau de cuisine, ça fait un beau couteau que je pourrai garder toute ma vie et qui me sera toujours utile.

                                  

 Autre couteau, autre style : les couteaux Deejo. L’idée de ces couteaux "made in France" est qu’ils sont totalement personnalisables. Taille du couteau, type de manche ainsi que sa couleur, et surtout une grande gamme de tatouages disponible. Oui vous pouvez tatouer votre couteau, et personnellement j’adore cette idée. Et pour personnaliser encore plus votre couteau, vous pouvez y mettre un petit message. Un beau petit couteau qui a du style.

Et vous, avez vous un couteau dont vous ne vous séparez jamais ?

Publié dans J'ai Testé

Depuis mon arrivée à Rovaniemi, j’avais une idée en tête : aller au Nord ! Vous pensez surement que je suis exigeante. Mais lorsque vous avez vu la vrai Laponie, le Sapmi, alors Rovaniemi n’est qu’une ville vous laissant miroiter cette Laponie. Fin Mars, j’ai pris la route pour un weekend à Inari, petit village Sami cher à mon cœur.

Village d'Inari

Un an après, me revoilà, et encore une fois à une course de rennes ! Celle d’Inari est particulière car c’est la dernière de la saison et elle se déroule au cœur du territoire Sami. L’occasion idéale de retrouver cette belle culture.

 

Un Sami en tenu traditionnelle

Samedi matin départ en bus et c’est parti pour 7h de route. Malheureusement, mauvais timing, j’arrive trop tard pour voir les courses du jour. Mais je retrouve des amis français séjournant dans les environs. Je profite de cette fin d’après-midi pour aller au musée SIIDA et lire des livres pour mon travail. Puis direction l’hôtel, et là les choses se corsent…

Pour faire simple, je n’ai pas réservé le bon hôtel… Ma réservation est dans à l’Hotel d’Ivalo et non d’Inari (le nom des hôtels est plus que  proche pour ma défense). Par chance je parviens à annuler ma réservation sans en payer l’intégralité et il reste une unique chambre dans l’hôtel que je souhaitais. Le sauna de la chambre m’a fait le plus grand bien après un tel coup de pression ! Une fois calmée, direction le bar Papana. Honnêtement je n’aime pas la tête de ce bar, l’ambiance y est étrange, mais qu’est-ce qu’on y mange bien ! J’avais mangé une salade de rennes fumés l’année dernière, et cette fois, j’ai mangé le meilleur burger de ma vie ! Burger de rennes évidemment.

 Le bar Papana vous propose des plats succulents à base de rennes

Le dimanche, je commence par un mini footing d’un petit quart d’heure sur un petit chemin de randonnée à côté de l’hôtel. Ça m’a bien réveillé et ça m’a permis de tester mon nouveau collant Akammak en condition footing hivernale.

 

Collant Akammak : chaud et confortable, le bonheur surtout dans un tel environnement

Mais il était temps d’aller à la course de rennes. Un peu en retard, ce sont des finlandais, d’un certain âge comme on dit, qui m’y ont conduit. L’occasion d’une franche rigolade malgré la barrière de la langue. Dès mon arrivée sur le lac la fête commence. Finale du sprint et longues distance, course pour les enfants, finale du lancer de lasso… Toute la journée, la compétition s’enchaine dans une ambiance légère et familiale. Le temps est de la partie et c’est un pur moment de plaisir. J’ai même l’agréable surprise de croiser d’ancien collègue de Metsähallitus. Une belle journée dans le Sapmi.

Les enfants aussi participent à la course

Un renne à l'arrivée

La vrai raison de ce séjour à Inari était une visite de l’Institut d’Education Sami. Il s’agit d’une école qui enseigne la culture et le savoir-faire Sami. Parmi les enseignements on y trouve l’élevage de rennes. C’était avec une grande curiosité que j’ai donc visité cette école au cœur de la forêt, à Kaamanen. Les élèves y apprennent les bases de l’élevage de rennes, de la mécanique (les motoneiges étant leur principal outil de travail) et également de la gestion. L’école dispose même d’un abattoir qui sert à la fois pour les éleveurs et pour former les élèves dès la première année !

 

J'ai eu l'occasion de nourrir un renne

Ce fut un weekend riche en émotion et en découverte. C’est toujours un bonheur d’aller dans le Sapmi, de croiser des rennes et de partager avec les éleveurs. Je n’ai pas envie de redescendre à Rovaniemi, j’ai envie de rester là, dans cette belle forêt boréale qui m’avait tant manqué.

Publié dans Journal de Bord
lundi, 06 avril 2015 14:13

Retour en Finlande

Comme certains ont pu le constater via les réseaux sociaux (que ce soit Facebook ou Twitter), je suis de retour en Finlande. Après avoir quitté Kiilopää, mon petit chalet, mes collègues et les rennes, le retour en France a été bien difficile. J’étais bien sûre très heureuse de retrouver ma famille et mes amis, mais tout était différent.

A mon retour en France, j'avais l'impression de ne plus être sur la même route que mon entourage.

Bien que mon voyage intéresse mon entourage et que j’apprécie de le raconter, il y a ce sentiment qu’ils ne peuvent pas comprendre, qu’ils manquent quelque chose. Ce n’est pas de la prétention, c’est juste que les mots et les photos ne peuvent pas transmettre ce vécu, ces odeurs, ces sentiments, il faut simplement le vivre. Je peux (et je vais) vous raconter une soirée d’aurore boréale, mais ce que l’on ressent dans ces moments ne peuvent être compris que lorsqu’on les vit. C’est ce qui rend difficile le retour… Et a influencé mon retour.

Retour en Finlande, à Rovaniemi cette fois.

Je suis donc à Rovaniemi pour les 6 prochains mois, où je travaille à l’Arctic Center dans le cadre de mes études. Je suis vraiment très heureuse de pouvoir travailler dans un tel lieu et si bien entourée. Je ne parle pas seulement de Léon de la Teamgivrés qui y travaille aussi et qui me supporte chaque jour, mais de ces chercheurs de tout horizon qui font vivre le centre.

L'Arctic Center, mon lieu de travail.

Ici je retrouve mes anciens amis et collègues, pour certains qui travaillent dans le bâtiment juste en face, pour d’autre il faut aller jusqu’à Kiilopää, Ivalo ou Inari pour les retrouver. Mais c’est tellement un plaisir de les revoir. De se rappeler des souvenirs de l’année passée et pour le coup, eux les comprennent parce qu’ils les ont vécu à mes côtés.

 

Revoir six mois plus tard mon amie Anu qui m'avait emmené à un marquage de rennes avec sa famille.

Je suis de retour et j’espère bien en profiter et vous le faire partager !

Je tiens aussi à remercier Akammak et Baladéo qui me soutiennent toujours dans mes projets, et la Mairie d’Emerainville qui me soutient dans cette nouvelle aventure. 

Publié dans Journal de Bord

Le lac d’Inari, passage obligatoire en Finlande, que ce soit en hiver ou en été. En hiver je l’ai découvert lors des courses de rennes qui se déroulent sur ce lac et dont je vous parle dans cet article : « Porokilpailut : ça court vite un renne ». Mais aujourd’hui, je vais vous parler de ma découverte du lac en été, lors d’une partie de pêche avec des amis.

Ce lac est extraordinaire, de par sa taille tout d’abord, mais aussi par le nombre d’îles qui le compose. Ce n'est pas pour rien qu’on le surnomme le lac aux 1 000 îles. En réalité on dénombre pas moins de 4 350 îles, parfois petites, parfois plus grandes, parfois avec une maison, parfois désertes, parfois même sacrées, mais jamais banales.

Nellim, petit village bordant le sud du lac Inari à quelques kilomètres de la frontière Russe, et très connu des touristes pour son église orthodoxe. Mais pour les finlandais ce village c’est là où se déroule une grande compétition de pêche. Alors quand une amie m’a proposé d’y participer, j’ai sauté sur l’occasion pour découvrir cette activité et passer un weekend mémorable.

Arc en ciel sur le lac Inari au milieu du déluge

Après une semaine sous une chaleur étouffante, me voilà en direction de Nellim pour le week-end. Une éleveuse de rennes m’a proposé d’aller pêcher avec son mari et un ami. Me voilà prenant un verre avec mes amis dans le Wilderness Hotel… dans, oui car un gros orage vient d’éclater, et nous patientons pour savoir si la compétition est maintenue ou non. Finalement, l’orage cesse, la pluie aussi, et malgré le vent nous péchons une bonne partie de la soirée. Au bout de la compétition nous avons 4 poissons et nous finissons 4ème de la compétition, mais l’essentiel n’est pas là. Le temps passé avec mes amis, à discuter de tout et de rien, croisant d’autres pêcheurs, attrapant de temps à autre un poisson, mais surtout rigolant et profitant du paysage. A la fin de la compétition, il est temps d’aller au refuge.

Et oui, j'ai quand même réussi à attraper quelques poissons

Nous prenons le bateau et nous voguons vers le refuge. Une dizaine de minutes que je savoure pleinement, cheveux aux vents, traversant à toute allure ce lac dont je ne cesse d’entendre parler et qui me fascine, observant chaque île que nous croisons, est-elle habitée ? Est-elle sacrée ? Respirant l’air si frais et pur, je me laisse tout simplement envoûter par l’instant. Puis nous arrivons près d’une grande île qui abrite un petit refuge. Tout cela est si loin du monde d’où je viens et je m’y sens pourtant tellement à l’aise. Ce refuge d’éleveur est un chalet en bois, avec une seule pièce qui sert de cuisine, de chambre et de salon. Accolé au chalet, le sauna bien sûr, indispensable pour se détendre et se laver. Un peu à l’écart on trouve une cabane pour le bois et une autre pour les toilettes. Sérieusement, que demander de plus ? Là, sur cette petite île, nous avions tout ! Ah oui j’oubliais, nous avions un jeu de carte, donc oui, nous avions tout !

Le lendemain, nous repartons pêcher sur le lac. Le ciel est couvert, et je suis un peu fatiguée. Le bateau avance, le fil de ma canne à pêche traîne dans l’eau, et moi, je m’endors… Je dormais bien lorsqu’un poisson vient mordre à l’hameçon. Réveille en sursaut et je commence par engueuler Léo parce que je suis sure qu’il me fait une blague, mais non c’est bien un poisson ! Doucement j’essaye de le ramener à moi, tranquillement, pour qu’il ne se sauve pas… Raté... Il s'est sauvé. Fou rire avec mes amis. Puis j’ouvre vraiment les yeux, je n’ai aucune idée d’où nous sommes sur le lac, mais tout est magnifique, le ciel et les îles sont magnifiques et se reflètent dans le lac. Et nous pêchons, sur ce paradis. Toute la journée à pêcher, manger et boire. Et quand il est l’heure de rentrer, c’est pour cuisiner le poisson fraîchement pêché. Quel régal autant pour les yeux que pour le palais. Mais avant de passer à table nous allons au sauna. Ce moment de détente que j’apprécie maintenant à sa juste valeur, et dont je peux profiter aussi longtemps que je le souhaite sans avoir l’impression de subir la chaleur, serai-je devenue Finlandaise ?

Il est l’heure de dormir. Mais comment dormir après une telle journée ? Comment dormir au risque que le temps ne passe et ne m’oblige à rentrer. Non pas que je ne veuille pas retourner à Kiilopää. Mais je suis bien là. J’étais bien là.

Thank you Virpi to invited me for this amazing weekend !

Publié dans Journal de Bord
lundi, 08 septembre 2014 14:33

Quand Akammak m'a tenu chaud en Laponie

Au moment de préparer mon départ pour la Laponie Finlandaise, ma grosse interrogation concernait l’équipement : comment dois-je m’habiller pour vivre et travailler à l’extérieur dans le Grand Nord ? J’ai donc commencé par fouiller sur internet pour trouver quelques conseils. Le premier lien qui m’a aidé a été celui de Laponico. Son article explique bien le principe des trois couches avec des exemples d’équipements qu’il a pu tester. J’ai donc suivi ce conseil tout au long de mon séjour, ou presque grâce notamment à mes équipements Akammak.

En Laponie, j'étais équipée Akammak de la tête au pied, et j'ai pas eu froid ! (Jookmokk, Suède)

Au quotidien ou au travail, j’avais les trois couches : la sous-couche (Smartwool ou Akammak), une veste (Millet ou The North Face) et un manteau (Eider). Et pour le travail j’avais également une combinaison de motoneige qui protégeait du vent. Ça fait beaucoup de couches et on ressemble à un bibendh’omme mais au moins on a pas froid.

Bibend'femme sur Kiilopää (Finlande)

Pour le sport, essentiellement le ski de fond, mais aussi pour les ballades en raquettes, je n’utilisais pas la seconde couche (la veste) : uniquement un vêtement Akammak et le manteau. A la fin de l’hiver, avec des températures entre 0 et -5° j’utilisais un vêtement Akammak et une veste. En effet, la technologie Climacool des vêtements Akammak leur permet d’avoir un rôle de double couche lors de l’effort et il n’est donc plus nécessaire d’avoir les trois couches. C’est très agréable parce qu’on se sent tout de suite plus léger pour faire du sport.

Scéance de ski en Avril. Avec Akammak, pas besoin de trois couches, deux suffisent largement (Ahopaat, Finlande)

En plus de cette légèreté, les maillots SULKY et TURTY ainsi que le caleçon PULK sont vraiment très confortables. Pour comparer j’avais des maillots Smartwool et un caleçon Oldo. J’ai complétement adhéré au confort des équipements Akammak. Ils s’adaptent parfaitement à la forme du corps et ne bougent jamais, alors qu’il faut placer et replacer correctement les maillots Smartwool. J'ai d'ailleurs un préférence pour le maillot TURTY, plus au corps que le SULKY, ce dernier étant légèrement plus ample, sans jamais pour autant gêner le mouvement. La texture ouaté est un petit plus que j’apprécie beaucoup, plus que la laine que je supporte difficilement. Le caleçon Oldo est confortable au niveau de la texture, mais beaucoup plus épais que le caleçon Akammak et ça se ressent (il reste tout de même un excellent produit que je recommande aussi).

Le Maillot TURTY (mon préféré), SULKY et le caleçon PULK. 

Prévu pour l’effort, les maillots Akammak évacuent parfaitement la transpiration. Je n’ai jamais ressenti la moindre gêne contrairement au Smartwool où j’ai parfois cru que j’allais attraper froid à cause de la transpiration mal évacuée. Et ce n’est franchement pas agréable de ressentir ce genre de froid à cause de la transpiration, un froid vraiment mordant… 

Le seul point noir, qui m’a étonné, avec les équipements Akammak, ce sont les coutures. Légères, elles sont confortables et ne représente pas de gêne. Mais qu’elles sont fragiles ! Les maillots, comme le caleçon ont des coutures qui ont craqué. 

C'est l'été, mais pas question de mettre mes équipements Akammak au placard ! (Kiilopää, Finlande)

En résumé, ces maillots SULKY et TURTY ainsi que le caleçon PULK ont été pour moi des indispensables de ma vie en Laponie. J’aurai clairement souffert du froid sans. Et je les adore tellement que je ne m’en suis pas séparée pendant l’été. Que ce soit pour des jours un peu plus frais ou pour aller courir ou randonner, ils sont, à mes yeux, parfaits !

Merci encore à Akammak de m’avoir accompagné dans cette aventure.

Publié dans J'ai Testé

Avec la sélection durant l’hiver, le marquage est le deuxième moment de l’année où l’éleveur regroupe ses rennes dans des enclos. Le marquage se déroule entre Juin et Juillet et dure en moyenne deux semaines. L’arrivée des moustiques indique quand commencer, les rennes se regroupent alors pour migrer et fuir les moustiques et les éleveurs peuvent ainsi facilement rassembler les troupeaux et les diriger vers les enclos.

Certains éleveurs n’ont pas assez de rennes pour ne vivre que de l’élevage et ont un autre travail pendant l’été, le marquage se déroule donc la nuit et peut durer jusqu’au matin, selon le nombre de rennes rassemblés.

Le troupeau est amené dans un premier enclos à l’aide des quads. Le bruit quand le troupeau arrive de la forêt est assez incroyable, les sabots frappant le sol, ça me fait toujours penser aux gnous dévalant la vallée sur Simba (cf. « Le Roi Lion »)... Une fois les rennes dans l’enclos principal, on les amène par petits groupes dans un autre enclos plus petit qui va permettre d’attraper les faons afin de leur accrocher un numéro autour du cou.

Pendant cette étape, les éleveurs peuvent aussi castrer les mâles âgés de 5 ans et mettre un collier de couleur autour de certaines femelles. Ce collier a plusieurs objectifs. Le premier est de d’identifier plus facilement le propriétaire du renne, très utile pour que les enfants apprennent à reconnaître les marques de leur famille. Ces colliers peuvent être équipés de bande réfléchissante afin de de rendre le renne plus visible la nuit et d’éviter de nombreux accidents, mais aussi de GPS permettant de localiser le renne et probablement le troupeau. Le collier est aussi une réponse à la menace des prédateurs. En effet, les oreilles du renne peuvent être mangées par le prédateur, empêchant ainsi l’identification du propriétaire.

Une fois ces deux opérations effectuées, on libère les rennes dans un grand enclos. On répète cette opération jusqu’à ce que tous les faons du troupeau aient un numéro.

C’est alors que débute la deuxième étape : la phase d’observation. Les rennes sont dans un grand enclos où ils sont moins stressés par la présence des éleveurs. Les faons cherchent leur mère et les mères cherchent leur petit. Les éleveurs observent et notent quelle mère correspond à chaque petit et donc quel est le propriétaire du faon. Les éleveurs se réunissent une première fois, afin de rassembler leurs observations sur une grille finale : à chaque numéro va correspondre un éleveur. Mais plusieurs éleveurs peuvent avoir relevé le même faon (c’est-à-dire qu’ils ont relevé chacun une mère différente pour un même faon), ils vont alors observer ensemble pour connaitre le propriétaire. L’observation continue ainsi jusqu’à ce que tous les faons est un propriétaire.

Troisième étape : le marquage. Comme pour la première étape, on amène les rennes par petits groupes dans l’enclos central. On doit alors attraper une nouvelle fois les faons, les amener à la personne qui dispose de la liste pour connaitre le propriétaire du faon, et à ce moment-là, l’éleveur peut enfin apposer la  marque du propriétaire et celle de la coopérative sur les oreilles du faon. Les rennes sont alors libérés dans un enclos plus grand puis seront relâchés une fois tous les faons marqués.

Les méthodes pour chaque étape peuvent varier, en fonction du nombre de participants, de la coopérative et de l’enclos (qui dépends du nombre de rennes), mais le principe est toujours le même. Par exemple, certains préfèrent marquer les rennes debout, alors que d’autres préfèrent les marquer au sol.

Le marquage n’est pas une étape comme les autres dans l’élevage de rennes. L’élevage de rennes est un élevage familial et le marquage en est l’illustration car c’est une grande fête familiale. Les enfants sont habitués très jeunes à être au milieu des rennes dans l’enclos (ce qui peut être très impressionnant) et à reconnaitre la marque de leur famille.

J’ai eu la chance de participer à trois marquages, avec deux coopératives différentes. Je les aidais en regroupant les rennes dans les petits enclos et en attrapant les faons. Le fait de les aider m’a permis de m’intégrer plus facilement dans la communauté des éleveurs et j’ai ainsi pu avoir de nombreux contacts qui m’aident pour en savoir plus sur l’élevage de rennes et sur les difficultés qu’ils peuvent rencontrer aujourd’hui. Et hormis un bon coup de boule de la part d’un faon, ces moments resteront une étape très forte de mon voyage en Laponie.

Publié dans Infos Laponie

C’est quoi un renne ?

Le renne est un Rangifer rangifer. Allez, ça c’est dit, maintenant plus simplement, le renne est un cervidé, vous connaissez tous un cervidé : c’est le cerf. Un cervidé est un mammifère ruminant qui possède des bois. Mais la différence du renne avec les autres cervidés, c’est que les mâles comme les femelles portent les bois. Les mâles les perdent vers le mois de Mars, beaucoup plus tôt que les femelles, qui peuvent alors s’en servir pour repousser les mâles pour conserver les meilleurs pâturages.

Un renne femelle, que les Sames appellent aldo, pèse entre 60 et 100 kg et peux vivre jusque 20 ans. Mais les éleveurs les gardent rarement aussi longtemps. En générale elles sont réformées à 8 ans (c’est-à-dire qu’elles sont abattues).

Dans un troupeau, il y a deux catégories de renne mâle : le mâle castré appelé gaskek et le mâle non castré (les reproducteurs donc) appelé varek. Ils peuvent peser entre 90 (pour les varek) et 180 kg (pour les gaskek). Leur espérance de vie est de 10 ans, mais sont réformés bien avant.

Le rut, où période de reproduction, débute en Octobre. Une dizaine de mâles se partage un troupeau d’une centaine de femelles. Après 8 mois de gestation, donc entre Mai et Juin, l’aldo va donner naissance à un petit renne.

Ce petit renne est appelé le faon et les Sames l’appellent miessi. A sa naissance il pèse entre 4 et 6kg, mais il va très vite prendre du poids grâce aux riches pâturages d’été. Cette prise de poids est capitale pour espérer survivre à son premier hiver.

Et qu’est-ce que ça mange ?

Les rennes sont capables de s’adapter à tout type de nourriture et leur alimentation varie selon les saisons.

·         L’hiver (la saison la plus importante en Laponie puisqu’elle dure presque 8 mois), le renne se nourrit presque exclusivement de lichen, capable de résister sous un mètre de neige, le renne creuse la neige à sa recherche. Le flaire du renne lui permet de savoir où creuser pour trouver cette plante, que lui seul peut digérer.

·         Le printemps, le renne migre vers des pâturages d’été (où il passe donc l’été) pour trouver de l’herbe bien verte et très riche qui va lui permettre de prendre du poids et de faire des réserves pour l’hiver.

·         L’automne, le renne est très friand des champignons.

Mais pourquoi élève-t-on des rennes ?

Si les rennes étaient autrefois chassés et qu’ils sont maintenant semi-domestiqués, c’est essentiellement pour leur viande, et oui il faut bien se nourrir. Mais pas seulement. Dans un environnement aussi rude que la Laponie, il n’est pas imaginable de se passer de tout ce que peux offrir un renne : les bois et les os sont notamment utilisés pour l’artisanat Saami (les couteaux, les colliers, bracelets) certifié par le logo Duodji. Et bien sûr, la peau est utilisée pour faire les traditionnels habits Saami et les chaussures. Chaque partie du renne servant pour une partie de vêtement ou de chaussure.

Le renne (vivant évidemment) peut également être utilisé comme animal de trait, autrefois pour tirer les traineaux lors des déplacements, cela est surtout un atout majeur pour le tourisme de Laponie, et aussi pour le Père Noël (évidemment).

 

Voilà, vous savez maintenant que le renne n’est pas seulement utilisé pour faire le tour monde pour vous apporter vos cadeaux de Noël !

Publié dans Infos Laponie
samedi, 29 mars 2014 16:55

Le mont Kiilopää

Cette semaine je vous emmène dans un de mes endroits préférés : le mont Kiilopää !

 Direction le mont Kiilopää

Dès que j’ai envie de me dégourdir les jambes, je vais sur le Kiilopään Huip comme ils disent ici. Ce n’est pas bien haut (546m) donc facilement accessible à pied ou en raquette quand il a beaucoup neigé. Et même si je vais pas au sommet, je m’arrête au totem qui représente la limite de la forêt, et c’est déjà magnifique.

A la limite de la forêt, un moment magique

Ma découverte de Kiilopaa

La première fois que je suis allée sur Kiilopää, je ne suis pas allée jusqu’au sommet. C’était mon premier week end en Laponie, il faisait -25°C, mais ce n’était pas le problème. Le problème c’était le vent : dès qu’on prend un peu de hauteur le vent devient très puissant. Ce vent glacial et puissant m’a refroidit et décidé : je tenterai ma chance une autre fois !

C'est à dire que ça caille un peu par -25° avec le vent de Laponie

L’autre fois est arrivée mi-Février, je me suis levée un matin, me disant : aujourd’hui tu vas sur Kiilopää ! Il faisait -10°C et il y avait encore plus de vent qu’en Janvier, mais j’étais décidée. Et surtout il y avait pleins de rennes et je voulais VRAIMENT les prendre en photos de plus près. J’ai d’ailleurs mis 3h à arriver au sommet, non pas à cause d’une quelconque difficulté, simplement parce que je prenais ces fameux rennes en photos. Une fois arrivée au sommet j’avais une visibilité de 5 mètres tout au plus, et il y avait un vent énorme. Je découvrais un autre visage de la Laponie.

Au sommet, je vois rien, mais j'y suis ! 

Des rennes au sommet du kiilopää : ma motivation pour y arriver !

Maintenant que je connais ce petit mont, pourquoi j’y retourne tout le temps ?

Dès que le ciel est bleue, je file sur Kiilopää parce qu’alors on voit toute la Laponie s’étendre sous nos yeux ébahis : on peut même voir la Russie ! Voir cette immensité, entre désert blanc et forêt de sapin, à perte de vue…

 Petite pause sur Kiilopää pour profiter du paysage

Au coucher de soleil, qui dure une éternité, avec des couleurs tellement chaudes alors qu’on est loin du 0°C (en dessous évidemment), il n’y a pas de meilleurs points de vue.

Coucher de soleil en Janvier : -25°

Coucher de soleil en Mars : -10°

Le chemin est vraiment facile pour aller jusqu’au sommet, du coup on peut vraiment marcher la tête en l’air et regarder partout autour de nous, le paysage qui change tout le temps, en fonction de la luminosité, du vent, du ciel, le chemin n’est jamais le même finalement. Et puis avec un peu de chance vous ferez des jolies rencontres (et si vous ne les rencontrez pas, vous pourrez au moins voir leurs traces dans la neige). 

 

Découvrir un paysage nouveau à chaque fois

 

Rencontre avec un lagopède des saules 

Ou alors pour les plus rêveurs et téméraires (ou inconscient je sais pas) : aller regarder les étoiles et redescendre en luge !

Si vous passez par sur la route Rovaniemitie  par hasard, mais que vous n’avez pas le temps de vous arrêter skier la journée  au Parc National Urho Kekkonen, arrêtez-vous quelques heures juste pour ce mont : il en vaut la peine, et vos yeux vous remercieront.

Mes yeux me disent merci ;)

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vendredi, 21 mars 2014 15:32

Ivalojoki

Cette semaine je vous parle de Ivalojoki, ou Ivalo River, vous l’aurez compris il s’agit d’une rivière. La rivière fait 180km, mais une partie (70km) réputée comme parcours de canoë entre Kuttura (village d’éleveurs de rennes !) et Ivalo.

Un peu comme le long des pistes de ski, on trouve des refuges le long de cette rivière. Bien qu’elle ne soit pas située dans le parc Urho Kekkonen, c’est bien Metsähallitus* qui est en charge de ces refuges. C’est en hiver, sur la rivière gelée que les rangers apportent du bois et viennent entretenir ces refuges. Car l’environnement escarpé autour de la rivière rend difficile, voire impossible, leur accès lorsque l’on transporte du matériel lourd (comme le bois ou le gaz).

En plus d’être un lieu magnifique, cette rivière a une histoire. Au 19ème siècle, c’est ici que la recherche d’or a commencé. A Kultala (kulta voulant dire or) on trouve donc un village de mineur, restauré de façon à comprendre comment était la vie et le travail des chercheurs d’or. Et évidemment,  tout le long de la rivière, vous pouvez tenter de trouver de l’or.

*Metsähallitus est une entreprise finlandaise chargée de l’exploitation des forêts et de l’entretien des parcs nationaux.

Informations via Metsähallitus

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